La théorie du pourrissement (de la NVA)

Avec des Jan Jambon et des Theo Francken, les scandales n’ont pas terminé de venir ternir l’image du gouvernement et de ses composantes. Un gouvernement qui, Bart De Wever vient de le rappeler, ne doit pas tomber. En s’accrochant ainsi à un pouvoir immobile et malgré des raisons qui, dans n’importe quel autre pays démocratique du monde, auraient amené (au moins) à un remaniement ministériel, rien ne changera de si tôt. Et, la célèbre théorie du pourrissement, jadis imaginée pour affaiblir le pouvoir fédéral, pourrait se retourner contre ses créateurs.

Scandales

Les journalistes flamands ne sont pas en reste quand il s’agit de s’attaquer à la NVA. Alors qu’ils étaient plus silencieux lors de la campagne électorale, craignant sans doute qu’on ne les accuse de partialité, tant les grands journaux que les Pure Players, comme le décidément très bon apache.be, couvrent intensément dérives et casseroles. On ne doute pas que pour une frange importante de la NVA, les anciens du Vlaams Belang par exemple, ces scandales ne changent pas grand chose à l’équation, par contre, ceux pour qui le parti était d’abord celui des réformes économiques (et du bourgmestre d’Anvers) seront sans doute déçus.

Changements attendus

V voor Verandering, le C du changement, était le slogan du plus grand parti du pays. La NVA, très forte dans l’opposition montre déjà des signes de faiblesses dans la majorité. Ils tombent dans les mauvaises habitudes de la particratie en plaçant leurs pions comme le font les partis traditionnels et en jouant avec les règlements. Autrement dit, ils se traditionnalisent. Leurs ministres, tant au niveau des régions que du pays, peinent à marquer les esprits et campent toujours, terriblement bas dans le baromètre de popularité. Nous n’en sommes, bien sûr, qu’au début mais je prédis un fameux retour sur terre pour ceux qui s’imaginaient 5 ans de fêtes et une arrivée facile et victorieuse à la fin du parcours.

Pourrissement

Charles Michel n’aura sans doute pas le courage de mettre Jan Jambon à la porte. C’est Bart qui a le dernier mot sur la question et il perdrait le soutiens de sa base ultra qui retournerait fissa au VB. Finalement, la belle-mère n’a pas plus de pouvoir que le Père sur la question, Bart est dorénavant à la tête d’une énorme machine, et il ne suffit plus d’appuyer sur un bouton pour tout changer. A moins d’une incroyable reprise économique et d’une gestion efficace de l’Etat, que ne recherchent d’ailleurs pas tous les membres du parti, on doute que la population suive encore longtemps la marche, les deux doigts levés en forme de V.

Tenir

De toute façon, quand bien même la tentation de tout abandonner leur passerait par la tête, les temps ont changé. La population n’accepterait plus aussi facilement les chutes de gouvernements incessantes qui jalonnaient l’histoire politique de notre pays (d’ailleurs, c’est rendu impossible dans les régions et communautés) et la NVA sait qu’elle ne doit surtout pas provoquer elle-même la fin de l’aventure suédoise. Aucun autre parti ne veut risquer un tel scénario, d’où, sans doute, le silence assourdissant qui accompagne les révélations Jambonnaises (désolé) mais cette attitude attentiste, un moindre mal à court terme, pourrait bien être le début de la fin de ceux qui rêvent encore d’une NVA à 40% en 2019.

La théorie du pourrissement (de la NVA)

Le plan de la NVA contre la Belgique est-il si parfait ?

Le plan de la NVA est-il si diaboliquement machiavélique que ça ? N’y a-t-il aucun échappatoire ? Ce gouvernement très à droite est censé faire ressortir les divisions avec une Wallonie toujours aussi syndicalisée, qui sera en première ligne dans les manifestations qui s’annoncent, pendant qu’en Flandres, on ne se pressera probablement pas dans les manifestations « nationales ». C’est le PS qui, face à cette réalité, selon les voeux de Bart De Wever himself, sera amené à demander le confédéralisme … Cette stratégie, tout à fait publique et déclarée (quelle arrogance), se réalisera-t-elle sans qu’on puisse y faire quoique ce soit ? Mais surtout, ce plan est-il vraiment parfait ?

La NVA compte donc sur pas mal de choses. D’abord, que la Flandres ne réagira pas et ne rejettera pas la gouvernance caricaturale du parti nationaliste. Que les déclarations de Théo Francken ne feront réagir que les Waalse Sossen et que Geert Bourgeois finira, enfin, par briller dans les sondages de popularité. Pour l’instant, on en est loin, et même si la NVA conserve encore son image de parti du changement, ce n’est déjà plus ce que c’était au lendemain des élections, le parti est bien obligé de jouer le jeu des négociations et du dialogue et le Vlaams Belang travaille dur pour le signaler.

On compte aussi sur une Wallonie qui manifestera, seule, dans les rues de Bruxelles. Les groupes Facebook francophones « antigrève » se multiplient, à l’inverse les manifestants néerlandophones seront probablement encore très nombreux dans la rue malgré ce que la propagande nationaliste tente de nous faire croire. Ceci dit, les récentes actions violentes des syndicats wallons sont comme de bonnes pommes bien rouges pour De Wever et compagnie qui peuvent, grâce à cette actualité brulante, faire oublier les autres affaires qui leurs sont liées.

Finalement on compte sur des demandes institutionnelles du PS vers plus de confédéralisme. Le PS a toujours été régionaliste, puis fédéraliste. Cette parenthèse belgicaine et royaliste n’est pas la règle. La stratégie du Bourgmestre d’Anvers n’est pas si bête. Ceci dit on attend encore de voir si Elio Di Rupo, ré-élu à la tête du parti-Etat, osera franchir le cap, quelques mois à peine après avoir défendu fièrement le drapeau et l’unité. Ce ne sera absolument pas simple pour lui et ce ne sera pas une question de volonté mais d’environnement. De Wever compte aussi sur la toute puissance du Parti Socialiste, mais les résultats ne sont plus aussi bons avec l’ultra-unitariste PTB dans les environs et on attend, là encore, le prochain sondage.

Je ne dis pas que le « Plan V » de la NVA est idiot, que du contraire. Ils sont très malins et très consciencieux. Par contre, au delà d’une certaine arrogance, ils ne maitrisent pas toutes les variables et il ne faut pas tomber dans le catastrophisme. Ils peuvent se tromper, les pro-belges peuvent gagner quelques batailles de leur côté, et d’autres événements imprévus, comme il en arrive tous les jours, peuvent venir compliquer encore un peu plus le jeu.

 

Le plan de la NVA contre la Belgique est-il si parfait ?

Le problème de la NVA n’est pas son nationalisme, c’est son immaturité.

On craignait que ce soit le nationalisme de la NVA qui pose vraiment problème, en fait, j’ai plutôt peur que ce soit une question de maturité.

Cette immaturité crasse m’étonne. Elle m’étonne car le parti n’a rien à y gagner. La NVA doit prouver à ses électeurs que,  contrairement au Vlaams Belang, ils ne sont pas juste bons à aboyer, ils peuvent, aussi, prendre des responsabilités et gouverner le pays. Or, on attend toujours les preuves.

Première erreur, la nomination de ministres radicaux comme Théo Francken à des postes aussi sensibles que l’immigration. Cette nomination a surement été motivée par la volonté de rassurer les membres extrêmes du parti qui ont peur de le voir se belgicaniser*, on savait qui était Francken avant qu’il ne prête serment, ses statuts facebook ou twitter sont là depuis longtemps, mais je ne suis pas convaincu que ce soit une si bonne chose pour le reste des électeurs du partis qui attendent d’abord et surtout une goed bestuur de droite.

Une autre décision a attiré mon attention, en lien avec un précédent article sur la culture que vous pouvez retrouver ci-dessous. Le nouveau gouvernement va sabrer sec dans la « culture fédérale », soit les rares bijoux de famille qui restent nationaux comme l’Opéra de la Monnaie. L’opposition s’égosille à en perdre la voix (bien que je doute que le quart de la moitié d’entre eux ait déjà mis les pieds dans l’établissement) et le gouvernement tient bon en avançant des raisons budgétaires. Je veux bien le croire. Le problème, c’est que dans le même temps, l’exécutif régional flamand, mené par le parti de Bart De Wever, décide de construire un gigantesque complexe culturel, dont la plupart des acteurs locaux trouvent qu’il est inutile, dans la banlieue bruxelloise histoire de pouvoir planter quelques drapeaux flamands de plus. Un projet coûteux qui, là encore, sert à choquer et faire plaisirs aux radicaux.

Ces différentes décisions, et d’autres à venir, trahissent l’âme du parti bien plus à l’aise dans l’opposition qu’au pouvoir et aux responsabilités. Ils vont changer durant ce mandat, comme tous ceux qui les ont précédé, mais ils devront changer vite sous peine de perdre rapidement l’image de « sauveur de la nation en faillite » qu’ils avaient gagné et avec elle, ses électeurs.

*ce terme absurde, utilisé dans les milieux nationalistes, signifie en fait un adoucissement des vues séparatistes après être passé au pouvoir au gouvernement fédéral. L’illustration idéale est probablement Guy Verhofstadt, plutôt autonomiste quand il est arrivé, quasiment belgicain quand il est parti.

Le problème de la NVA n’est pas son nationalisme, c’est son immaturité.

#BeGov : la droite « caricaturale »

Comme beaucoup j’étais ravis de voir le PS retourner dans l’opposition au niveau fédéral. D’abord parce que je ne trouve pas qu’ils aient fait un job magistral mais aussi, et surtout, parce que je considère que l’alternance est une preuve de bonne santé démocratique. Je suis né en 1988 et c’est la première fois, de ma vie, que je vie dans un pays où le PS n’est pas au pouvoir, ça n’est pas normal, même des gens de gauche doivent pouvoir le reconnaître.

Ceci dit, et comme beaucoup, je ne saute tout de même pas de joie à l’idée de voir la NVA dans la majorité. La NVA n’est pas juste à droite, c’est une droite caricaturale. Des « anti-tout » obsédés par leurs obsessions : anti-roi, anti-socialistes, anti-environnement, anti-libéralisme, anti-Belgique, anti-art, etc… Des anti-tout caricaturaux. Je suis favorable à un peu plus de libéralisme en Belgique, ne serait-ce que pour essayer autre chose, mais ce gouvernement le sera-t-il vraiment ?

Cette droite caricaturale va se faire du mal à elle-même, la NVA baisse déjà dans les sondages et avec une erreur de communication par jour, comme c’est le cas depuis la prestation de serment (Affaire de la Porsche, des signes de la mains, déclarations stupides de Jan Jambon sur la collaboration) je doute franchement que le parti nationaliste revienne avec 30% en 2019. A moins qu’ils ne se calment, c’est la droite dans son ensemble qui va en pâtir et on pourrait voir le retour, triomphant, du PS (et du spa, de groen, d’écolo, du PTV/PVDA) la prochaine fois. Tant mieux, ça fera de l’alternance.

#BeGov : la droite « caricaturale »

Ministres de la santé obèses: en Belgique et ailleurs …

C’est un peu le comble pour un ministre de la santé d’être en surpoids, un peu comme un parti séparatiste qui dirige le pays qu’il souhaite supprimer, mais nous n’en sommes pas à une absurdité près dans notre pays.

Ceci dit, figurez-vous qu’il n’y a pas qu’en Belgique que le ministre de la santé est obèse, je vous présente Gaétan Barette, ministre de la santé du Québec … pas mal non ?

Ministres de la santé obèses: en Belgique et ailleurs …