Le problème de la NVA n’est pas son nationalisme, c’est son immaturité.

On craignait que ce soit le nationalisme de la NVA qui pose vraiment problème, en fait, j’ai plutôt peur que ce soit une question de maturité.

Cette immaturité crasse m’étonne. Elle m’étonne car le parti n’a rien à y gagner. La NVA doit prouver à ses électeurs que,  contrairement au Vlaams Belang, ils ne sont pas juste bons à aboyer, ils peuvent, aussi, prendre des responsabilités et gouverner le pays. Or, on attend toujours les preuves.

Première erreur, la nomination de ministres radicaux comme Théo Francken à des postes aussi sensibles que l’immigration. Cette nomination a surement été motivée par la volonté de rassurer les membres extrêmes du parti qui ont peur de le voir se belgicaniser*, on savait qui était Francken avant qu’il ne prête serment, ses statuts facebook ou twitter sont là depuis longtemps, mais je ne suis pas convaincu que ce soit une si bonne chose pour le reste des électeurs du partis qui attendent d’abord et surtout une goed bestuur de droite.

Une autre décision a attiré mon attention, en lien avec un précédent article sur la culture que vous pouvez retrouver ci-dessous. Le nouveau gouvernement va sabrer sec dans la « culture fédérale », soit les rares bijoux de famille qui restent nationaux comme l’Opéra de la Monnaie. L’opposition s’égosille à en perdre la voix (bien que je doute que le quart de la moitié d’entre eux ait déjà mis les pieds dans l’établissement) et le gouvernement tient bon en avançant des raisons budgétaires. Je veux bien le croire. Le problème, c’est que dans le même temps, l’exécutif régional flamand, mené par le parti de Bart De Wever, décide de construire un gigantesque complexe culturel, dont la plupart des acteurs locaux trouvent qu’il est inutile, dans la banlieue bruxelloise histoire de pouvoir planter quelques drapeaux flamands de plus. Un projet coûteux qui, là encore, sert à choquer et faire plaisirs aux radicaux.

Ces différentes décisions, et d’autres à venir, trahissent l’âme du parti bien plus à l’aise dans l’opposition qu’au pouvoir et aux responsabilités. Ils vont changer durant ce mandat, comme tous ceux qui les ont précédé, mais ils devront changer vite sous peine de perdre rapidement l’image de « sauveur de la nation en faillite » qu’ils avaient gagné et avec elle, ses électeurs.

*ce terme absurde, utilisé dans les milieux nationalistes, signifie en fait un adoucissement des vues séparatistes après être passé au pouvoir au gouvernement fédéral. L’illustration idéale est probablement Guy Verhofstadt, plutôt autonomiste quand il est arrivé, quasiment belgicain quand il est parti.

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Le problème de la NVA n’est pas son nationalisme, c’est son immaturité.

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