L’Etat PS, fantasme et réalité.

L’article de Christian Laporte sur le site de la VRT a fait grand bruit. Utilisé par les nationalistes flamands pour montrer à quel point « nos deux systèmes sont différents » (en fait: « à quel point la Wallonie est arriérée »), le texte est assez … sec, surtout de la part d’un journaliste mainstream. En résumé, Laporte souligne le clientélisme et le machiavélisme qui règnent au sein du Parti Socialiste et chez son patron le Premier Elio Di Rupo.

Je ne prends certainement pas Laporte pour un idiot, pas plus qu’un allié de la N-VA. Grand défenseur de la Monarchie et toujours au fait du conflit communautaire, c’est un des rares journalistes à mettre en avant les actions positives entre Flamands et Wallons ainsi qu’à parler de l’actualité néerlandophone.

Il est un fait que le manque d’alternance et la toute puissance du PS dans le sud du pays crée un sentiment de frustration incroyable. Je vous en avais déjà d’ailleurs parlé lors des dernières élections à Liège où il n’y avait absolument aucune chance pour que le Bourgmestre socialiste laisse sa place à un autre candidat. Regardons la situation en face, l’enracinement d’un parti présent depuis des décennies crée en effet un système compliqué où le réseau et les connaissances ont pris le pas sur la méritocratie, bien plus qu’ailleurs.

Cette frustration (à placer dans le contexte d’une région qui semble être en déclin perpétuel)  est l’élément clef pour comprendre les égarements de Christian Laporte. De dire que la particratie n’existe qu’au sein du PS alors que c’est un élément fondamental de notre système. De se heurter des agissements d’un Président qui ne fait que faire ce que la plupart des Hommes politiques, tous partis confondus, font depuis toujours: arriver au pouvoir, exercer le pouvoir, ne plus vouloir le quitter (ce qui n’est pas un mal, pourquoi faire de la politique, sinon pour changer les choses, pour avoir une prise sur la société ?).

Le problème ne vient pas uniquement du PS, c’est le système tout entier qu’il faut changer. On le voit avec la N-VA, un parti qui n’existait même pas il y a 10 ans et qui aujourd’hui place ses pions partout où elle peut grappiller un peu de pouvoir, en ce compris dans ces provinces dont elle veut pourtant la disparition, ou dans les établissements culturels qu’elle dénigre. Le pouvoir corrompt, travailler le système est la seule solution. Trouver un bouc émissaire qui payerait pour tous les autres ne servira pas à grand chose sinon alimenter le populisme qui n’en a même plus besoin.

Ceci étant dit, je ne cherche à excuser personne en évoquant le système. Il est du devoir des membres du parti  majoritaire de prendre leurs responsabilités, d’être conscient qu’il n’y a pas que le petit pouvoir personnel mais que chaque acte qui s’écarte de la méritocratie et de la transparence, même les plus anodins pistons, ont des conséquences importantes chez l’électeur, chez le citoyen qui s’éloigne à chaque fois un peu plus du monde politique, jusqu’à l’abandonner.

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L’Etat PS, fantasme et réalité.

5 réflexions sur “L’Etat PS, fantasme et réalité.

  1. Youri dit :

    Euh ……
    Aux niveaux Régional, le PS na jamais été majoritaire.
    Les autres partis sont donc impliqués.
    Un peu simple de tirer toujours sur le même pianiste.
    Ce n’est pas le PS qui a fait fermer les industries lourdes de Wallonie: ce sont les patrons qui n’ont pas voulu se reconvertir. Ces patrons ne votaient pas spécialement socialiste.

    1. belgo3 dit :

      Vous avez raison, mais je pense plutôt aux niveaux locaux ici, là où la frustration se fait (pour obtenir un job, un logement social, etc…), et c’est aussi ce dont parle Laporte dans son texte.

  2. L’an dernier, je ne sais plus quel élu avait proposé de limiter le poste de bourgmestre à 3 mandats successifs de 6 ans (soit 18 ans), mais aucun parti n’a voulu discuter de son projet…

  3. Il ne faut pas oublier que c’est un mal Belge, et quand je parle de belge, pour une fois j’inclus les flamands. Tout le monde à oublier le scandale aarschot pourtant il est du niveau du scandale de charleroi. Et il me semble que il ne doit pas y avoir beaucoup de wallon ou de francophone impliquer à aarschot.

    Au niveau cumule des mandant, même si le PS et ecolo fait fort, il sont battu par le CD&V et le MR.

    Cette analyse de Laporte peut être au final appliqué à toutes les régions belges, du nord au Sud d’est en ouest. Ce qui est dommage c’est ce tapage médiatique pour enfoncer encore et encore la Wallonie et par effet de ricochet, les Bruxellois. Car, c’ets les Francophones qui sont en réalité visé, ceux qui n’arrive pas à diriger la wallonie, et encore moins Bruxelles.

    Mais quand on cherche bien, la mauvaise gestion est aussi flamande, mais faut pas le dire trop fort.

    1. Youri dit :

      Vous avez mille fois raison.
      « La majorité corrompt; la majorité absolue corrompt absolument ».
      Et cela s’applique à tous les niveaux de pouvoir qu’elle que soit la région du « pays ».
      Raison de rappeler que le CDnV (ex CVP) a profité de ses majorités absolues durant des décennies.
      Mais la propagande a fonctionné: tout ce qui est wallon et socialiste est mauvais. Par définition.
      Le sens critique des gens est tellement émoussé pour autant qu’il ait un jour existé.

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