Belgique: 3 médailles pour 3 ministres des sports

Un touriste hollandais faisait remarquer à sa comparse dans le train d’hier que les Belges n’avaient que 3 médailles, aux Pays-Bas ils approchent de la vingtaine. Pas de quoi se réjouir, 3 médailles pour un pays développé de 10 millions d’habitants c’est peu. Alors bien sûr on a pas eu de chances, un cheval malade, une concurrence impitoyable, mais ça n’explique pas tout. En Belgique, pas de politique nationale, pas de projet fédéral. Jacques Rogge faisait remarquer très justement que notre pays serait totalement incapable d’organiser un tel évènement car notre système est trop complexe (et notre esprit trop petit).

Puisque nous sommes en période « Souvenirs de Papa », je me rappelle d’une émission de télé où j’ai pu moi-même lui poser une question, elle visait sa qualité de ministre des sports. Je lui demandais, alors que c’est une demande répétée du monde du sport pro, pourquoi il n’y avait pas de politique nationale sportive, il ne m’a rien répondu d’autres que « parce que ce n’est plus possible ». Quand on me demandera pourquoi la Belgique n’a pas eu plus de 3 médailles, que nous avons par contre 3 ministres des sports, que les grands sportifs sont obligés de s’expatrier aux Etats-Unis, que nous n’avons pas de terrains et d’encadrement digne de ce nom, je dirais sans expliquer davantage : ce n’est plus possible.

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Belgique: 3 médailles pour 3 ministres des sports

10 réflexions sur “Belgique: 3 médailles pour 3 ministres des sports

  1. L’Autriche et Israël n’ont ramené aucune médaille, alors qu’ils ont une politique nationale des sports. Le Portugal et la Grèce, une médaille chacun. Par contre la Suisse, avec ses 26 ministres des sports ont ramené 2 médailles d’or. Et que dire du Royaume-Uni, où le sport est également une compétence des quatre nations, qui arrive troisième ?

    Mmmh, peut-être que le problème n’est pas le nombre de ministres des sports, mais le fait que peu de Belges ont envie de se dépasser pour faire flotter le drapeau fédéral aux JO. C’est surtout flagrant pour les sports d’équipe.

    Ces jeux l’ont encore démontré, il n’y a pas de Belges.

    1. belgo3 dit :

      Il n’y a pas d’autrichien ou d’israélien alors ? Vous faites vos comparaisons là où vous en avez envie et pas ailleurs.

      1. On ne peut pas comparer les Flamands, les Wallons et les Bruxellois ont habitants des provinces autrichiennes, ni aux minorités constitutives d’Israël (ashkénazes, séfarades, orthodoxes, falachas…). Il y a un peuple autrichien, il y a un peuple israélien, mais il y a des peuples belges.

        1. belgo3 dit :

          Vous pensez vraiment qu’un israélien d’origine marocaine et un autre d’origine russe sont plus proches qu’un flamands et un wallon ? allez …

  2. Je ne connais pas bien la situation sportive des autres pays et ne vais donc pas faire de comparaison. Mais cette semaine, j’ai lu les aveux d’impuissance de nos trois ministres régionaux des Sports qui ont répondu au COIB qu’ils avaient déjà augmenté un peu leur budget mais qu’ils ne pouvaient pas faire grand chose de plus. Alors, ok, en pleine crise économique, nos trois régions ne peuvent pas donner plus d’argent. A l’exception du BUB, aucun parti politique ne demande la re-fédéralisation du sport, donc pas beaucoup d’espoir que cela arrive un jour. Mais, par contre, il me semble évident qu’une meilleure collaboration entre nos trois régions et également avec le grand-duché de Luxembourg permettrait sans doute d’améliorer les conditions d’entraînement des sportifs de haut niveau.

    Quant à la phrase « Ces jeux l’ont encore démontré, il n’y a pas de Belges », elle me surprend car à ma connaissance, il n’y a pas eu de conflit communautaire lors de ces J.O. et tous nos athlètes semblaient ravis de porter les couleurs tricolores ou de poser avec le drapeau national. Je ne vois pas sur quel fait concret se base votre phrase.

    1. Pas de conflit, c’est vrai, mais aucune réelle symbiose entre sportifs flamands et wallons. Comme dans le reste de la Belgique, ils s’entendent bien parce qu’ils ne se côtoient pas. Les résultats seraient autrement meilleurs, si on avait de véritables équipes nationales wallonne, bruxelloise et flamande.

  3. Eric Veraghen dit :

    Le fait que d’autres aient plusieurs ministres des sports, ça ne me suffit pas pour en être satisfait. Plus d’argent pour le sport et de meilleurs résultats dans les compétitions internationales, ce serait bien, mais nombres de ces sportifs iraient vivre dans des paradis fiscaux cad le contribuable financerait leur formation et en retour, on pourrait les admirer mais les taxes, c’est pour d’autres.

  4. Réponse à Stéphane Dohet : je respecte votre opinion mais c’est votre impression personnelle et subjective, basée sur aucun fait concret mais uniquement sur votre position politique sur l’avenir de notre pays. Que ce soit aux J.O. de Londres ou hier soir au match de football Belgique/Pays-Bas, je n’ai vu ou lu aucun problème communautaire.

  5. Je remonte un peu le sujet mais il m’intéresse.

    Tout d’abord, en réaction à Stéphane, je n’ai jamais retrouvé (ou alors je dois vraiment chercher) le clivage communautaire belge dans le milieu sportif (de haut niveau). À part quelques « Franse ratten » lors de matchs de foot dont j’ai vaguement entendu parlé, mais cela concernait sûrement davantage les supporters que les joueurs (d’ailleurs, quand on voit la composition des équipes, on pourrait se dire que beaucoup de joueurs ne se sentent même pas concernés par cela).

    Ensuite, il ne faut pas forcément chercher un facteur unique. Si le fédéralisme devait contribuer à ramener moins de médailles, pourquoi certains pays fédéraux (ou, plus largement, non-unitiaires) parviennent à en ramener plus quand même ? Et certains pays « unis » moins ? Déjà, quand on voit que certains pays sont omniprésents dans certains types de disciplines (pensons aux Chinois en gymnastique, ou aux Polonais au lancer) mais absents dans d’autres types, on sent déjà du « choix ». En établissant ce constat, je ne suis alors pas étonné qu’on puisse avoir également des « choix » dans la manière qu’un pays a de consacrer de l’énergie au sport.

    Et en parlant de fédéralisme, il faudrait aussi voir la forme de celui-ci. L’organisation fédérale peut être très différente d’un pays à l’autre, d’où difficulté particulière à définir le fédéralisme d’ailleurs. Je n’ai pas étudié cette question de manière générale, mais je l’ai suivie pour le hockey sur gazon (j’ai été proche du milieu) : au mois de juin, l’ARBH (association royale belge de hockey) a voté sa scission. En soi, ses membres ne le souhaitaient pas (= pas de clivage communautaire), mais l’on fait pour des raisons pragmatiques : le sport est une compétence surtout communautaire et la scission de l’ARBH était nécessaire pour pouvoir répondre à des besoins financiers (« grosso modo » : une organisation doit s’enregistrer auprès d’une communauté particulière pour percevoir ses subsides). La conséquence pour le hockey belge ? La plupart des matchs ne pourront plus être transcommunautaires (à part pour la division d’honneur, donc une minuscule minorité d’équipes). Or, le hockey, ce n’est pas comme le football où l’on a une myriade de clubs à proximité. Quand vous jouez dans un club de hockey à proximité de la frontière linguistique (à l’époque, j’étais à Wavre), à Bruxelles ou en périphérie bruxelloise, nombreuses sont les équipes adverses qui viennent de l’autre communauté linguistique. Mais maintenant, ce ne sera plus possible et ce ne sera pas de nature à favoriser le développement de ce sport en Belgique, alors qu’il devient de plus en plus populaire et que le pays y preste de mieux en mieux sur le plan international.
    Ah, et d’ailleurs, je me pose la question des clubs : ils vont devoir choisir une affiliation francophone ou néerlandophone. Or, il y a des clubs avec une mixité linguistique invraisemblable.

    Je résume un peu concernant le hockey, mais dans ce cas je suis convaincu que la « logique » fédérale (ce n’est pas qu’une question de Constitution ou de loi, mais aussi de politique et de « mentalité ») propre à notre pays n’est pas de nature à aider le hockey. Reste à voir pour les autres sports.

    Sinon, je pense à un autre dossier, mais que je connais moins et qui ne reste qu’un exemple qu’on ne pourrait généraliser pour parler de la prestation belge aux JO : le centre sportif de haut-niveau. Le dossier est vieux, et malgré les belles déclarations, on sent que c’est l’intérêt politique qui est prioritaire dans ce dossier : chacun veut l’installer dans sa province et blablabla, malgré l’opinion des acteurs concernés. Mais bon, les intérêts politiques, ça existe dans les autres pays.

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