Plus qu’un fait divers

Fait divers : Événement sans portée générale qui appartient à la vie quotidienne.

Larousse

Ce samedi un agent STIB venu sur les lieux d’un accident pour régler la paperasse s’est fait tabasser à mort par un ami d’un des chauffards incriminés. Les violences sont quotidiennes sur le réseau des transports publics bruxellois.

Au micro du journal d’RTL qui lui demande ce qu’il se passe dans notre capitale, le syndicaliste CSC bien embêté lève les bras et parle de misère sociale, d’un problème global. Le patron (temporaire) de la STIB va dans le même sens, il ne peut rien faire de plus, la STIB est dans la ville et c’est la ville qui pose problème. Un conducteur expliquait qu’il allait chaque jour travailler la peur au ventre et que les agressions verbales étaient maintenant considérées comme faisant partie du métier.

Cet accident ne doit pas être pris indépendamment, comme un fait divers, mais dans le constat général que la violence augmente et, surtout, qu’elle est de plus en plus gratuite. On est loin des règlements de compte entre mafias au sujet de millions d’euros, même loin d’un crime d’honneur, il s’agit ici d’une violence purement et simplement gratuite.

Je suis d’accord avec le syndicaliste et le patron de la STIB.  Augmenter les mesures de sécurité n’arrangera pas tout, la société est malade et cette forme de violence en est le syndrome. Il faut bien sûr augmenter les mesures de sécurité (ne rien faire serait un affront indéfendable aux employés duréseau) mais il faut également prendre des mesures à d’autres niveaux. Dans l’éducation, les rapports humains et dans la justice.

Pour ce faire il faut commencer par reconnaître le problème. Reconnaître que dans une triple capitale une telle violence n’est pas normale. Cette reconnaissance doit se faire publiquement mais avec rationalité et scientificité.  Quand une telle reconnaissance aura eu lieu il faudra prendre un nouveau départ. La passivité et le laxisme ne sont plus des options et j’espère vraiment qu’un tel débat aura lieu, sans tomber dans la politique politicienne, le racisme, le politiquement correct ou le populisme.

Il faut que quelque chose se passe.

 

 

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Plus qu’un fait divers

8 réflexions sur “Plus qu’un fait divers

  1. Youri dit :

    Je pense que la violence a toujours existé. De tous temps. De tous siècles.
    Elle est insupportable mais fait malheureusement partie de la nature de l’homme.
    Je ne suis pas convaincu qu’il y ait plus de violence à notre époque qu’à d’autres. Notre époque médiatise tout. Ça nous donne cette impression. Je me trompe peut-être.
    De plus vient se greffer une immigration de plus en plus mal ressentie. Je connais peu Bruxelles mais j’imagine que ce n’est guère différent de Charleroy où je vis. Mais j’ai été frappé par le nombre d’employés maghrébins à la STIB. Il y aurait donc de bon et de mauvais maghrébins comme il y a de bons et de mauvais belges.

    1. belgo3 dit :

      C’est en effet difficile de savoir si il y a plus ou moins de violence de manière totalement objective. Mais ce qui compte c’est le ressentis, c’est comme ça et à Bruxelles on ressent cette violence et on ressent qu’il y a en a de plus en plus.

      Les réactions du monde politique sont maladroites (quand il y a en a) et ça ne fait qu’énerver davantage la population. Il y a aussi cette impression d’impunité qui n’a pas toujours existé où ceux qui commettent un délit sont quasi directement relâché.

      Il y a bien sûr le danger du racisme et de la xénophobie, il faut éviter de temps dedans mais il faut quand même avancer.

      1. Si c’est en grande partie une question de ressenti (ce que je crois), alors il faut s’interroger là dessus. A qui profite-t-il? (si l’on croit à la lutte des classes) Comment s’est-il (a t-il été) construit? Par qui?

        Je pense qu’une réflexion intelligente et re-contextualisante (au niveau belgo-bruxellois) sur la pensée de Wacquant apporterait beaucoup plus au débat. On sombre vite dans des raccourçis faciles et on ne cherche pas les causes assez loin, nous sommes immergés dans un contexte extrêmement mondialisé, ici à Bruxelles, ne l’oublions pas. (même s’il faut néanmoins saluer l’effort de chercher les causes) Pourtant, c’est en soignant les causes à la racine qu’on guérira le mal (?). Et à ce titre, les solutions proposées seront d’une efficacité contestable.

        Je laisse ici quelques liens proposant un accès gratuit au développement de la pensée de Wacquant. Il ne faut surtout pas hésiter à en abuser et à chercher plus loin.
        http://www.cairn.info/article.php?REVUE=civilisations&ANNEE=2010&NUMERO=1&PP=151
        http://www.loicwacquant.net/assets/Papers/CORPSGHETTOETATPENAL-Labyrinthe.pdf

        Quand au mécanisme qui a débouché sur ce ressenti de plus en plus généralisé, je ne résiste pas à recommander pareil exercice sur ce que nous apprend Gramsci à propos du pouvoir des idées sur les idées et de prendre un peu de recul par rapport aux médias et aux leaders d’opinions. Chaque jour un peu plus d’ailleurs, dans notre société informationnelle.

        Bonne lecture et bonne réflexion.

  2. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Cela fait longtemps que nos responsables politiques contournent le problème, de peur d’être traités de racistes, de faire de la publicité pour l’extrême-droite et….de perdre des voix aux élections. Soyons réalistes : ils n’ont aucun intérêt à ouvrir ce débat à quelques mois des élections communales.

    Pourtant, cela fait des années qu’on sait que les Bruxellois de souche quittent le nord de Bruxelles pour aller en périphérie (on parle beaucoup de BHV mais on ne se demande jamais pourquoi tant de Bruxellois s’y installent) car suite à une agression (même sans conséquence grave) ou un climat d’insécurité, ils n’osent plus sortir le soir. C’est la raison pour laquelle la région bruxelloise devient petit à petit de plus en plus pauvre.

    Malheureusement, je n’ai pas de solution miracle mais cela passe inévitablement par une meilleure intégration des personnes immigrées…et tout programme de prévention a un coût financier évidemment. Peut-être faudrait-il, par exemple, mieux lutter contre le décrochage scolaire afin que moins de jeunes passent la journée dans la rue (en osant, par exemple, diminuer les allocations familiales lorsqu’on a trop d’absences injustifiées)?

    1. belgo3 dit :

      Je ne pense pas que ce soit une explication qui tienne la route. Les Belges « de souche » ne sont pas les seuls à subir la criminalité, on l’a vu la plupart des employés de la STIB n’en sont d’ailleurs pas et sont tout aussi à bout de nerf.

      La solution n’est pas dans les mains du pouvoir communal, c’est un problème de société qui doit être traité à tous les niveaux.

  3. Oui, bien entendu, mais les Belges de souche (je n’aime pas cette appelation mais je n’en trouve pas d’autre pour me faire comprendre) ont les moyens d’aller s’installer en périphérie ou ailleurs, tandis que les personnes immigrées n’ont pas d’autres choix que de rester au nord de Bruxelles qui devient dès lors plus pauvre (donc moins d’argent pour des politiques de prévention et d’intégration). Ce n’est évidemment pas la seule explication du problème, mais je pense que çà joue quand même un rôle (en tout cas pour deux couples d’amis bruxellois qui sont partis pour cette raison car cela ne les dérangeait pas trop en tant que couple, mais quand ils ont eu des enfants, ils n’ont pas voulu qu’ils grandissent dans ce climat et sont partis en périphérie). Enfin, c’est un grand débat où il n’y a pas qu’une seule explication et qu’une seule solution, mais j’espère comme toi que ce débat aura un jour lieu…

    1. Youri dit :

      Il est intéressant de signaler que l’assassin est « un belge de souche » et que la victime un immigré.
      Comme quoi !!!!!

  4. Encore une agression à Molinbik… le laboratoire social de Moureaux est décidément un franc succès !

    Le patron de la STIB interviewé c’était Alain Flausch, récemment viré par la majorité PS-cdH-Ecolo après la fuite d’une note interne dénonçant le clientélisme arabo-africain de nos politicards sans ambition et la fuite des classes moyennes hors de Bruxelles.

    À l’époque, les bien-pensants avaient crié au scandale, l’insécurité niée en bloc en invoquant le fameux « sentiment d’insécurité » qui excuse tout. Il y a quelques jours, Eurostat sortait les chiffres qui fâchent: la criminalité baisse en Europe sauf en Belgique dont la capitale est la 5ème ville la plus dangereuse !

    Cela fait une semaine que ça n’arrête plus: policiers tués, agents agressés, enfants enlevés, etc… etc… Et pendant ce temps, Milquet se pavane dans la presse subsidiée aux ordres sans qu’aucun journaliste n’ait le courage de lui demander si elle ne se sent pas un peu responsable !

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