La Grande désillusion (résumé)

Histoire de faire d’une pierre deux coups je fais ici un petit résumé d’un livre que je devais lire pour un examen. Un livre particulièrement intéressant puisqu’il s’agit d’une critique acerbe du Fond Monétaire Internationale écrite par le prix Nobel d’économie, directeur de la Banque Mondiale et ancien conseiller économique de Bill Clinton, j’ai nommé Joseph Stiglitz.

La Grande désillusion est celle d’une époque perdue où la prise en charge et l’évolution des pays « en voie de développement » a été désastreuse. A qui la faute ? A la mondialisation où à sa mise en oeuvre? Poser la question est y répondre.

C’est donc le FMI que l’auteur pointe du doigt. Dans sa conception initiale cette organisation internationale (et publique,  chacun d’entre nous y contribue) était fondée sur une constatation keynésienne: les lois du marché ne sont pas sans faille, il fallait une action collective mondiale pour aider celles et ceux qui souffraient de ces imperfections. Or, avec le temps, le FMI a complètement abandonné ses présupposés keynesiens pour devenir ce qu’il est aujourd’hui: une « machine tyrannique néo-libérale ».

Machine car si on en croit l’auteur, les fonctionnaires de l’institution suivent la nouvelle idéologie mondiale qu’est le néo-libéralisme aveuglément, sans jamais regarder ni dans le passé, ni dans le présent. Cette « nouvelle » (le livre date déjà de 10ans) pensée unique est symbolisée dans le Consensus de Washington (austérité, privatisation et libéralisation) Même quand cette austérité nécessaire provoque des troubles voir des guerres civiles qui font de toute façon fuir les investisseurs étrangers où quand des taux d’intérêts deviennent intenables pour des entreprises, cela reste for the greater good. Le côté machine se révèle aussi dans la mise en place des décisions: trop vite et trop tôt. On privatise massivement avant de préparer le secteur, sans réglementer la concurrence ou sans combattre correctement la corruption (que du contraire).

Tyrannique car on ne choisit plus de faire appelle au FMI, il s’impose de lui-même au pays en manque de liquidité. Même si ils veulent chercher de l’argent ailleurs, aucun prêteur n’osera signer un contrat avec un Etat désavoué (qui a quitté le droit chemin) par le Fond, ainsi on voit renaître un néo-colonialisme bien réel, la souveraineté de nombreux Etats est écrasée par le diktat du libre marché, les élections ne servent plus à rien car les dirigeants doivent se conformer aux volontés de Washington (Stiglitz relate même un cas extrême où l’accord avec le FMI stipulait quelles lois devaient être votées).

L’ancien directeur de la Banque Mondiale démonte la plupart des dogmes, souligne les avancées de la science économique moderne, trop souvent occultée au profit des bonnes vieilles méthodes et des bons vieux slogans, souligne aussi les exemples de pays qui, n’ayant pas suivis les « recommandations » du FMI ne s’en portent que mieux. Il dénonce le rôle malsain du Fond lors de la crise asiatique (qui a été beaucoup plus forte due aux décisions d’austérité qui plombèrent encore plus fort les économiques des Tigres et de leurs voisins) ou de la transition russe.

L’échec du FMI est donc patent, tant dans le fond que dans la forme mais personne dans ces bureaux ne l’admettra complètement (périodiquement, on avoue tout de même certains échecs). L’institution ne participe plus à la stabilité économique mondiale mais à la santé financière des grands financiers occidentaux.

Un livre intéressant, bourré à la fois d’explication claire et d’exemples sidérants. (7€30, prix Belgique)

 

 

Publicités
La Grande désillusion (résumé)

Une réflexion sur “La Grande désillusion (résumé)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s