Belgique, un roi sans pays

J’ai lu beaucoup de livres ces derniers mois et il est temps d’en parler un peu.

L’idée de « Belgique, un roi sans pays » était de révéler les secrets de la cour mais la presse en a tellement fait écho que les surprises étaient finalement rares (d’autant plus rares pour ceux qui suivent l’actualité royale, et je ne parle pas de Place Royale ou C’est du Belge).

Adressé à un public étranger

C’est une constante avec les autres bouquins que j’ai lu ces derniers temps (je vous parlerai bientôt des « Secrets de Bart De Wever » mais c’était déjà le cas avec celui de Charles Bricman « Comment peut-on être Belge) et c’est ce qui rend en partie la lecture épuisante: les auteurs veulent absolument conquérir la France, ou du moins le reste du monde francophone. Alors pour moi, pas de problème à vouloir investir Paris et Montréal mais en tant que lecteur belge qui suit un minimum l’actualité, devoir une fois de plus me taper l’historique de la crise, du cartel ou d’Yves Leterme et de sa Marseillaise, ça devient épuisant. On lit donc en diagonale les premiers chapitres.

Cependant après quelques pages on commence à faire connaissance avec un Roi que finalement on connaît peu (on sait surtout qu’il aime les femmes, le pape et la bière, ce qui n’est déjà pas mal). Son aversion pour notre Premier Ministre, ses rencontres avec Bart De Wever, tout ça est anecdotique mais drôle. On saisit mieux l’entourage du Roi et ses hommes (petit « h ») politiques préférés. Paradoxalement, je n’ai pas trouvé les chapitres sur Albert II particulièrement intéressants, je n’y ai pas appris grand chose sinon des sujets pour les prochaines discussions au café.

Baudouin, sa femme et son fils spirituel

C’est plutôt quand les auteurs s’éloignent de l’actualité que le livre devient vraiment captivant. On rappelle les liens entre Baudouin, sa femme et l’Eglise (et pas n’importe laquelle) de facto sur le favoritisme familial vis-à-vis des démocrates-chrétiens. On reparle de l’affaire de la loi sur l’avortement, dans les détails, la sueur des dirigeants de l’époque face à l’intransigeance du souverain qui met en péril son propre statut. On revient sur les faveurs nobiliaires, sur les employés du Palais, tous blancs..

His Royal Highness the Duke of Brabant at 2010...
Image via Wikipedia

Mais c’est le chapitre consacré au futur Roi des Belges qui est clairement le plus intéressant. Philippe. Je m’attendais à ouvrir grand les yeux, je n’ai pas été déçu. Philippe est dans les limbes. Hors du temps, il se prendrait pour un chevalier blanc voulant sauver le pays et lorsqu’il fait des déclarations ultra-conservatrices les rares fois où il est invité à utiliser son mandat de Sénateur de droit on est mort de honte…

Hors du peuple, il n’est entouré que de sa caste d’aristocrates malsains. Énervé quand son père prend sa place sur le trône. Têtu, égoïste, Il semble ne pas s’intéresser à ce qu’il fait, ne fait pas les efforts nécessaires. Les rencontres qu’il fait lors de missions économiques sont unanimes là-dessus, c’est catastrophique. Franchement, pour le « Royaliste » par défaut que je suis, c’est difficile à avaler.

Bref. Un livre que j’ai eu du mal à commencer mais qui, dans les derniers chapitres, s’est finalement révélé. Il se lit très vite (je l’ai terminé en deux petits voyages en train) et agréablement (sauf donc quand on doit se retaper les aventures d’Yves).

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Belgique, un roi sans pays

2 réflexions sur “Belgique, un roi sans pays

  1. Youri dit :

    Qu’est-ce qu’un roy dans un pays ?
    Un symbole d’unité ?

    S’il doit être indispensable pour conserver le pays, il est bien dérisoire.
    Je pense que c’est le cas en belgistan.

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