Nation

En l’honneur de cette période de fêtes nationales, j’aimerais revenir sur un fondamental.

Qu’est-ce qu’une Nation ? Un groupe vaguement homogène de gens qui partagent pendant un temps donné une série de valeurs fantasmées et qui se réclame d’une Histoire dont on a souligné ou ignoré certains aspects.

J’ai déjà discuté avec vous de ces « belles » histoires des « nations » belges, wallonnes et flamandes. Pleines de mensonges, de raccourcis, de xénophobie. Plus qu’un concept éculé, je suis persuadé que la Nation est un danger, le chemin le plus rapide vers la ségrégation, le racisme et la violence. Une nation on est dedans ou on est en dehors, ce n’est pas un choix personnel, c’est un choix imposé par l’autre. Si on adhère à la « culture nationale », à la « pensée nationale » en vogue à un moment précis, on est normal, sinon on est extérieur, un traître, un marginal, un mauvais.

Je suis de ceux qui pense que le nationalisme a toujours été un outil que certains utilisent pour arriver à leurs fins (et non la source des problèmes). Le nationalisme existe car certains y voient un intérêt puissant. Pour paraphraser Karl Marx, je dirais que la nationalisme est l’opium du peuple, il l’aveugle, il floute la réalité et embrigade pour de bonnes ou de mauvaises raisons. La nation Belge a existé tout un temps pour unir le peuple face à l’ennemi hollandais, français ou allemand. Mais quand l’Europe a garantit la paix, quand il est devenu inimaginable que nos voisins cherchent à nous envahir, la nation belge n’avait plus beaucoup de sens. Pour quelles raisons ? Avec le départ du Congo, il n’y en avait plus. Les nationalistes ont dû s’avouer vaincu, les belliqueux ont dû trouver d’autres excuses, les extrémistes ont du changer de crèmerie. Il reste aujourd’hui des nationalistes belges, tournés vers le passé, la guerre, l’héroïsme de nos ancêtres mais personne pour regarder le futur avec les lunettes nationalistes, et c’est tant mieux.

Pour combattre le nationalisme, il faut donc s’attaquer aux sources de ce qui le fait naître (les intérêts financiers, politiques, militaires, égoïstes) et de ce qui le nourrit (la peur de l’autre, les préjugés, les grands discours, le populisme). Pour combattre le nationalisme il ne faut pas plonger à deux mains dans le piège qui consiste à nier les différences, cela créerait un nouveau nationalisme, à une échelle plus haute car on trouvera toujours quelqu’un qui ne fait pas partie de l’ensemble qu’on évoque. Dire que les Belges sont tous les mêmes pour combattre le nationalisme flamand par exemple est une grande contradiction que je retrouve dans de nombreux discours. Non, pour combattre le nationalisme avec un grand N il faut accepter les différences, accepter les problèmes inhérents à ces différences, mais rester objectifs vis-à-vis d’elles, ne pas tomber dans l’émotion, dans la caricature, ne pas faire preuve de fermeture. Etre attentif aux populismes, aux discours enflammés, aux mensonges et aux « belles idées ». Etre attentif aux nationalismes régionaux, qui naissent dans toute l’Europe, et qui se place en victime par rapport à l’Etat central. Dénoncer les intérêts financiers ou politiques qui se cachent derrière la vision romantique pleines de drapeaux, de chants et de héros.

En cette période de « fête nationale », je n’ai pas envie de mettre l’emphase sur le terme « nationale » à moins de le mettre au pluriel. Si je le pouvais (pratiquement et financièrement) je fêterais les Flamands, les Belges et les Liégeois, je fêterais leurs différences, je fêterais leurs défauts et les miens. Non, j’ai envie de mettre l’emphase sur « fête ». Boire une trappiste de Flandres au soleil sur une terrasse le 11 Juillet, manger un camembert fondu en regardant le feu d’artifice du 14, manger une frite et danser le 21.

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9 réflexions sur “Nation

  1. Youri dit :

    Belle envolée …..
    Je ne peux qu’être d’accord.
    Une nation doit être la somme de toutes les ressemblances mais aussi différences .
    En ce sens je me sens profondément européen.

    Malheureusement et d’ailleurs paradoxalement, il est beaucoup plus facile de créer une nation quand on additionne de nombreuses composantes.
    En Belgium, le fait de n’en compter que deux (que les germanophones me pardonnent) crée le problème et par définition un déséquilibre impossible à juguler.
    Ce « pays » ne s’en sortira donc pas et je reconnais évidemment que c’est un échec . Mais il ne faut pas se voiler la face: le germe de l’échec était à l’intérieur de la composition belge dès 1830 .

    1. belgo3 dit :

      Merci beaucoup 😉

      N’oubliez pas qu’en 1830 par exemple, peu de gens avec « conscience » de l’existence de ces deux « communautés », tout ça est très relatif au temps. Le fait qu’on ait deux composantes « seulement » est le résultat d’une série de décisions politiques malheureuses qui n’ont, je pense, rien à voir avec la composition de 1830.

      Maintenant, il ne tient qu’à nous de changer notre vision des choses et de choisir celle qui nous plait.

      1. Youri dit :

        Quand j’écris que les germes de la discorde existaient à la création du belgium, je ne dit pas qu’ils étaient actifs.
        Les événements ont de fait activé les choses, la politique n’étant jamais que la résultante des souhaits de la population jusqu’à preuve du contraire.

        Ma vision des choses est connue et vous le savez.
        Résolument pour la scission car chaque jour qui passe prouve que le concept belge ne fonctionnera plus et par ailleurs les choses et mentalités sont allées trop loin.
        Ensuite pour ma Wallonie, Adossement-intégration à la Répubique francophone voisine. En qualité de 23° Région métropolitaine, la Wallonie y aurait toutes les chances de s’y faire une belle place en tout cas beaucoup plus de chance que dans un belgium castrateur: une Belgïe-que si vous préférez.

    2. belgo3 dit :

      Ah, si je puis me permettre, en 1830 la population était loin d’être représentée, la « démocratie la plus libérale d’Europe » ne permettait qu’à une infime partie de la population de voter. Seul les riches bourgeois le pouvait. Ce n’est qu’avec les premières victoires du Parti Ouvrier Belge que les choses se sont améliorées. Mais le mal était fait.

      Si la population avait été effectivement écoutée dés le début, on en serait pas là.

      1. Youri dit :

        Ben les mouvements ouvriers en Wallonie tout comme les mouvements initiés par un certain clergé en Flandre on bien vite révélé le malaise et le déséquilibre entre les composantes.
        C’est ce que j’écrivais: le germe était présent en 1830. Il a suffit de le réveiller.

  2. Nemo Xeno dit :

    La Belgiue sera comme la Suisse ou elle ne sera plus…

    Lees mijn laatste bijdragen als reactie op uw redactioneel artikel over « Le réactionalisme » : Gerona/Naroge – gemixt met elementen uit Plan X – en wat daarin een project voorstaat dat én pacificaal én revolutionair tezelfdertijd is. Ik ga mezelf niet blijvend herhalen. Lees het aldaar waar het nu dus reeds (sinds gisteren) staat geschreven.

    Ik snap uw discours volledig maar het mist de goede remedies die – zoals men dat in de geneeskunde doet – beproefd moeten zijn en waarvan hun genezend effect bewezen moet worden vooraleer het kan worden toegepast.

    Zwitserland bewijst als meer dan 800 jaren dat het zelfs met vier talen/culturen een perfect samenlevende natie kan vormen. Is het dan niet normaal dat we het Zwitserse Model eens tot in haar wortels – of tot op het bot – gaan analyseren?

    Is het dan niet normaal dat we vooreerst hun « Gentleman Agreement »-afspraken van heel lang geleden (hun Stichtings-Contract met elkaar en hun mentale statements naar elkaar toe) eens onder de loupe gaan houden en niet deze discussie steeds willen ontlopen door te wijzen op de staatstructuren van Zwitserland? Of ze nu eerst een federatie dan wel een confederatie waren of nog iets anders is hierbij van ondergeschikt belang. Uiteraard zullen we ook alle verschillen in kaart moeten brengen én ook datgene wat we met de Zwitsers gemeenschappelijk hebben en waarin we met hen verschillen….

    Ja, in wat verschillen de Zwitsers in hun politiek gemaakte opties dan écht met de ‘Belgen’ (of van elk van de verschillende opties die haar drie regio’s maken)?

    Wiens optie sluit dan ook het meeste aan bij datgene dat in Zwitserland garandeert dat het samenleven bij hen al 800 jaren dagelijks wordt bewezen?

    En liggen in die verschillen nu net niet de elementen die maken dat het bij hen wél werkt en bij ons chronisch blijft spaak lopen?.

    Durft men in Belgie die ‘Zwitsers Model’-debat wel aan gaan? Tot op heden niet dus, want zo heb ik dat allang begrepen. Om één of andere reden mag deze discussie niet openlijk worden gevoerd. Waarom niet? Wat en wie zit daaracher en waarom dan wel?

    Finaal hanteren ze de ook in Zwitserland – zoals in elk weldenkend én beschaafd land – de notie van de territoriele onschendbaarheid, én dit dan onlosmakelijk gekoppeld aan totale vrijheid in de privésfeer wat betreft het gebruik van de taal en de ‘lokale kleur van de moedertaal’. Zolang dat dit gegeven niet in Belgie wordt toegepast zal Belgie aan die kanker blijven lijden waaraan ze lijdt.

    Belgie heeft nu een chirurgische ingreep nodig : het kankergezwel moet er volledig uitgesneden worden.

    Belgie had in 1830 net hetzelfde moeten doen wat Zwitserland tijdens hun oprichting van hun staat heeft gedaan in hun oprichtingsjaar. Dààr is het in Belgie in 1830 totaal verkeerd gelopen.

    Als dit land Belgie zichzelf nog een « samenwonend contract » wil blijven geven tussen haar verschillende gemeenschappen dan zal het haar grondwet drastisch moeten veranderen én dan zal ze moeten leren uit alle lessen die we uit 180 jaren geschiedenis MOETEN trekken en finaal mondt dat uit in één conclusie : « Niemand gaat vrijuit. We hebben allemaal boter op ons hoofd. En we zullen dus allemaal de eigen schuldvraag onder ogen moeten durven zien ».

    En ja, het moet gezegd worden : dat vergt allemaal heel veel eerlijkheid, nederigheid, erkentelijkheid tegenover gemaakte fouten en allerlei falingen en het vergt heel veel (politieke) moed. Wie neemt de toegeworpen handschoen als eerste op?

    Het is uiteraard gemakkelijker dat « de pot de ketel verwijt dat hij zwart ziet ». Dat is het enige waar de politieke kaste in Belgie nu mee bezig is sinds de verkiezingsuitslag van 13 juni 2010.

    Compromissen op basis van laakbare basismentaliteiten zullen altijd blijven leiden tot spanningen. Bric-à-brac-oplossingen zijn niets meer dan bouwen op drijfzand.

    Zowel op communautair vlak als op sociaal-economisch vlak moet men het « gelijkheidsprincipe » qua rechten én plichten hanteren. Dat is ook al in Belgie totaal zoek.

    La Belgique sera comme la Suisse ou elle ne sera plus.

    Een andere oplossing is er voor Belgie niet.

    De Belgische nationalisten moeten voorgoed hun « Belgique de Papa » (met hierbij het adagium La Belgique sera latine ou elle ne sera pas ») leren vergeten en bepaalde groepen binnen het Vlaams-Nationalisme moet hun zo gekoesterde « Plan N voor Brussel (en Wallonie én Luxemburg) » voorgoed leren opbergen. Dat is allemaal voltooid verleden tijd.

    Het wordt hoog tijd om totaal « out of the box » van al dit soort gekoesterde ideefixen te gaan denken… én handelen.

    Wie van die twee gaat als eerste eens wijs reageren?

    1. Youri dit :

      Faut-il vous rappeler que la Suisse qui n’est d’ailleurs une confédération que de nom, a uni ses 26 cantons suite à une force centipède les rapprochant les uns des autres.
      Le Belgium désunit ses 3 Régions soumis à une force centifuge.

      C’est pas vraiment la même chose.
      La Belgique ne sera donc plus à très moyen terme………..

    2. Personnellement, je ne veux pas me retrouver dans la boue socialiste où pataugent depuis 50 ans les camarades oisifs, les assistés, la rac-aille… terreau du bain de sang social tout proche…

      Si j’étais walon, je préférerais être sous la coupe de la bonne gestion flamande qu’être géré par un socialo corrompu dépenseur de l’argent des autres.

      Walonisering ? Neen bedankt !

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