Des langues en Belgique

Alors qu’il semble certain que les problèmes en Belgique sont nombreux, l’affaire Vic Van Aelst a fait paraître l’un d’eux comme plus important : la connaissance des langues. Son hypothèse ? Les Francophones méprisent le Néerlandais, donc les Flandres, donc la majorité du pays, ils sont donc des mauvais Belges, des Belgicains hypocrites. Et puisque c’est comme ça, il nous tire la langue.

La question à 1€ : faut-il être bilingue (ou trilingue) pour être un bon Belge ? Certainement pas. D’abord parce que je déteste cette mode qui consiste à dire qui est « bon » ou « mauvais ». Ensuite, parce que dans la pratique, bon nombre de Belges parfaitement bilingues sont intolérants, racistes ou séparatistes alors que d’autres Belges unilingues sont ouverts d’esprits. Essayons donc d’éviter ces raccourcis absurdes : est bon Belge qui le veut, point. C’est de toute façon très personnel, c’est un ressentit et ça doit le rester. Le danger est bien sûr de savoir, dans le cas inverse, qui dit ce qui est bon et ce qui est mauvais, mais je m’égare.

Faut-il être bilingue pour que la situation politique s’améliore en Belgique ? Voilà une question plus précise, plus utile. On a donc vu la semaine dernière que le sentiment d’infériorité en Flandres est toujours aussi grand, et que le mépris en francophonie vis-à-vis du nord est bien existant. On a vu comment la communauté la plus forte du pays, qui contrôle l’économie, l’administration et la culture a toujours autant l’impression d’avoir des pieds d’argiles. On a aussi vu avec quel dédain bon nombre de sudistes ont balayé d’une main cette peur qu’ils qualifient d’absurde en montrant que les vraies victimes, c’était eux.

Le ressentit n’est pourtant jamais absurde, il provient de l’expérience de vie. Si tant de néerlandophones ont toujours l’impression d’être méprisés aujourd’hui ce n’est pas sans raison. De fait, le bilinguisme à Bruxelles est plus que fantasmé, de fait par le passé la plupart des francophones voyaient le néerlandais comme une langue de paysans, de fait toujours aujourd’hui bon nombre de francophones déclarent que « le néerlandais, ça sert à rien », cette phrase là je l’ai bien entendue 100 fois.

Mais, amis flamands, détendez-vous, les temps changent. La totalité des élèves Bruxellois apprennent le néerlandais à l’école, c’est obligatoire. Il y a de plus en plus d’écoles d’immersion en Wallonie, et dans les écoles sans immersion environ 70% des élèves prennent le néerlandais comme deuxième langue. Certes, contrairement à l’enseignement flamand, la deuxième langue du pays n’est pas obligatoire en communauté française (sauf Bruxelles donc) mais la majorité des étudiants l’apprennent quand même, n’est-ce pas la un signe ? Un signe que le néerlandais n’est pas considéré comme une langue inférieure ? Les Francophones ont fait des erreurs dans le passé, ils les payent aujourd’hui et leur faible taux de bilinguisme porte préjudice, mais les choses changent.

Joëlle Milquet  et Elio Di Rupo parlent mal le néerlandais, même les francophones trouvent ça drôle. Mais ont-ils un jour oser dire que c’était une langue inférieure? A côté d’eux, Didier Reynders, Paul Magnette, Rudy Demotte, Melchior Wathelet ou Jean-Michel Javaux, tous des Francophones à des postes importants, tous parfaitement bilingues.

Vic Van Aelst vit dans le passé, dans sa petite banlieue, dans son petit monde, ne connaît des francophones que Mamy-Papy de Charleroi en vacances à Ostende qui ont du mal avec une langue qu’ils connaissent finalement peu car ce n’était tout simplement pas comme ça dans leur jeunesse, et que dans les usines sidérurgiques le néerlandais … honnêtement … Mais bon sang, amis flamands, détendez-vous, soyez encore un tout petit peu patient, les choses changent et il n’est nullement question de mépris pour la plupart d’entre nous.

ps : j’aimerais améliorer mon orthographe et celui de mon blog, n’hésitez pas à dénoncer les fautes, je n’aimerais pas, en plus de violer le néerlandais, violer le français.

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Des langues en Belgique

8 réflexions sur “Des langues en Belgique

    1. Sans doute pas. Et je ne l’espère pas.
      Le rôle de l’école n’est pas de rendre bilingue, selon moi.
      Elle est là pour te montrer qu’apprendre une autre langue est un moyen énorme pour aborder d’autres personnes et vivrent avec eux des moments inoubliables.
      Le bilinguisme est une démarche personnelle. A toi d’aller plus loin pour apprendre.

      Personnellement, je n’ai jamais eu de néerlandais en secondaire. Et je n’en ai pas eu, non plus, pendant mes 3 premières années de supérieures. Je commence seulement à l’apprendre depuis 2 ans.
      J’ai récemment déménagé à Leuven et je m’y sens bien !
      Et, Vic, je n’ai jamais rencontré de flam(ing)ands qui m’ont accusé de « violer » leur langue. =)

    2. belgo3 dit :

      Même si tel n’est pas le cas, il s’agit ici de montrer que les francophones ne méprisent pas le néerlandais. La qualité de l’enseignement en communauté française, c’est une autre histoire …

  1. Youri dit :

    Le problème linguistique n’est qu’un aspect du problème. c’est même plutôt un prétexte.
    La Flandre a toujours assimilé la langue française à celle de l’arrogance car les patrons flamands bourgeois de l’époque parlaient le français et tenaient le petit peuple dans la famine. La Flandre n’a toujours pas digéré cela. Les Francophones n’en peuvent rien.
    Jusqu’en 1950, la Wallonie et Bruxelles avaient l’argent. C’est avec cet argent wallon qu’on été construits le port de Antwerpen et tout ce qui fait aujourd’hui la « gloire » et la « richesse » de la région du nord.
    La revanche est sévère.
    Plus qu’un problème de « taal » nous objectivons un problème de « betaal ».
    Le pouvoir et l’argent: voilà ce que veulent les Flamands. Et s’ils peuvent mettre leur identité culturelle (cultureele indentiteit ?!?!?) en avant , c’est pour eux la cerise sur le gâteau.
    Guerre ethnique larvée.
    Et même si tous les Wallons et les Bruxellois se mettent à parler impeccablement le néerlandais, cela n’y changera rien.

    1. belgo3 dit :

      « Taal, betaal » nous avons regardé la même émission ce dimanche, non ?

      Dans votre revue d’histoire vous oubliez de parler des centaines de milliers de flamands qui ont travaillé dans la sidérurgie wallonne.

      Pour le reste, nous sommes d’accord, ce n’est qu’une partie du problème mais je l’ai précisé.

      1. Youri dit :

        Oui, ces Flamnds sont venus chez nous pour y gaggner leur vie comme les Irlandais sont partis vers les States, comme les Bretons sont « montés » à Paris…. Je ne vois pas en quoi cela devait être précisé. Tous y ont trouvé leur compte. Mais on ne peut pas dire que la réciproque soit réelle actuellement.
        Taal ou betaal ???? En effet, j’ai regardé ce débat. Enfin plutôt ce dialogue de sourds qui ne m’a rien appris que je ne savais déjà sauf ce jeu de mots que je trouve bien à rpopos et tellement réaliste.

    2. Karafilakis dit :

      Il est possible que l’opposition identitaire flamande ne changerait pas dans une éventuelle situation ou tous les francophones deviendraient bilingue. Cependant, le fondement de la confrontation identitaire flamande-belge (qui devient flamande-wallonne, car les wallons se prêtent au jeu) est originairement d’ordre politique et concernait, et concerne, les dysfonctionnements institutionnels de l’Etat fédéral belge. Or les francophones y contribuent par ce manque de maitrise de la deuxième langue du pays (ce qui amène en réaction à des folies comme l’interdiction du français en Flandre, alors qu’on est dans une Belgique bilingue). Il ne faut donc pas être bilingue pour être belge, mais le bilinguisme est une nécessité si on veut une administration et un fonctionnement institutionnel équilibré, dont le bon fonctionnement supprimerait le terreau du mécontentement flamand. Bien sur, si rien n’est fait, la question identitaire flamande va se dissocier de la question institutionnelle et à ce moment là il sera trop tard, car il n’y aura plus de solution, pour une Belgique unie en tant cas.

      http://karafilakis.wordpress.com/

      1. Youri dit :

        Il est trop tard.
        Ou plus exactement, cela devait arriver dès l’instant où pour des raisons géo-politiques et géo-stratégiques on a regroupé des ethnies différentes en espérant créer une nation de la sorte.
        Tous les pays créés ainsi de manière artificielle ont disparu en Europe. Il n’y a pas de raison que le belgium n’implose pas.
        Dès 1830 (ou 1832, ne ne sais plus) Talleyrand l’avait déjà prévu.

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