Comment rendre « linguistique » un clivage « idéologique »

Voilà un magnifique exemple de communautarisation du débat gauche-droite, je veux dire par là, la transformation d’un débat qui oppose la gauche à la droite en un débat qui oppose les partis néerlandophones et francophones.

Ainsi donc, le site en ligne de la libre, qui m’avait pourtant habitué à mieux, a publié sur internet un article relatant le vote, en commission, sur les critères de naturalisation. Sujet sensible dans toute l’Europe et qui voit s’affronter en général la gauche, plus permissive, et la droite, plus stricte. Pourtant, à en croire LaLibre, il s’agit en Belgique d’un débat francophone/néerlandophone puisqu’ils titrent : Naturalisation: vote flamands contre francophones. De fait, plusieurs partis francophones ont voté contre, et plusieurs néerlandophones pour. La conclusion peut paraître facile pourtant elle ne l’est pas. Il faut creuser un peu pour voir que le MR par exemple a voté pour (malgré les dissensions du FDF plus à gauche sur l’échiquier) et qu’Ecolo forme un parti commun avec Groen! et ce sont donc ces deux partis qui ont voté contre cette proposition.

Imaginons la même situation au niveau européen. Certains pays sont de gauche, certains de droite, un tel vote aurait créé une même fracture idéologique et, peut être aussi géographique, par hasard si vous voulez, comment la presse aurait-elle traité la chose ?

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Comment rendre « linguistique » un clivage « idéologique »

3 réflexions sur “Comment rendre « linguistique » un clivage « idéologique »

  1. Analyse très juste. On pourrait trouver de nombreux exemples de ce genre. J’ai mis aujourd’hui sur mon blog un article sur 5 auteurs belges néerlandophones peu connus au-delà de la frontière linguistique mais dont certains livres existent en français. Leurs cas sont différents : Josse De Pauw et Tom Lanoye viennent d’être enfin traduits en français ; Jan Baetens a choisi d’écrire uniquement en français ; Peter Aspe écrit ses romans autour de Bruges en néerlandais mais ils sont traduits dans de nombreuses langues ; Paul Pourveur est un dramaturge bilingue qui travaille alternativement pour le théâtre flamand et le théâtre francophone. Mais qui connaît ces écrivains au sud du pays?

  2. Youri dit :

    Je vous conseille la lecture du dernier article de Marcel Sel à l’adresse suivante:

    http://blog.marcelsel.com/archive/2011/01/18/laveritablenaturedelacrisebelge.html

    Je lui emprunte sa conclusion que je trouve bien à propos (Merci Marcel)

    « Tant que cette opposition idéologique existera, on ira doucement mais sûrement vers la fin du pays. Le seul espoir est que nous ayons un véritable plébiscite flamand antinationaliste aux prochaines élections. Cela implique une campagne et une mobilisation antinationalistes, en Flandre bien sûr. Or, tant les médias que les initiatives citoyennes évitent comme la peste de désigner le véritable responsable du marasme politique (ou plutôt idéologique) actuel : le «cartel virtuel» CD&V / N-VA dont il est patent que, depuis son apparition sur le devant de la scène, il est au moins un des facteurs de l’immobilisme belge. Force est de constater que lorsque ces partis n’étaient pas «au pouvoir», le pays était géré, avait un gouvernement, et progressait (même sa dette baissait, c’est dire !) Et depuis son apparition, on collectionne les crises, les gouvernements boiteux et la Belgique s’enfonce dans le néant — soit exactement là où la N-VA veut l’emmener. Sur cela, personne ne peut me contredire. Tant qu’on refusera de désigner le coupable du marasme politique, on ne pourra avancer dans aucune direction, et le pays coûtera de plus en plus cher à tout le monde. C’est cela que les organisateurs de la manifestation du 23 auraient dû rappeler, et qu’ils ne rappelleront pas, de peur de ne pas rassembler suffisamment de monde. Or, même un million de personnes n’obtiendront pas de gouvernement. Parce que la mathématique politique qui est en place aujourd’hui est une équation insoluble, du fait d’une trop forte présence nationaliste dans le paysage politique belge. Sortez le CD&V et la N-VA des discussions, et elles pourraient enfin passer à l’essentiel : notre avenir économique. Oui, même avec le PS ! Or, cette mathématique politique est le fruit d’un choix populaire. En manifestant pour un gouvernement, le peuple ne fait rien d’autre que critiquer son propre choix démocratique ! Autant le savoir…

    Et autant choisir des initiatives qui ciblent correctement les responsables de la crise, comme «nietinonzenaam.be / pasennotrenom.be », l’événement antinationaliste (flamand) qui se tiendra le 21 janvier au KVS. »

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