Lions flamands et préjugés absurdes

Le Brabant Flamand n’est pas la province qui m’attire le plus, les journaux et les politiciens locaux ont particulièrement sali l’image que j’ai de cette région que les guides touristiques nomment « la ceinture verte de Bruxelles ». Les Van Rompuy et autres CD&V/N-VA m’ont enlevé toute envie de m’y rendre.

L’aventure m’a pourtant amené à Tervuren, à 40 minutes à l’est du centre de Bruxelles. L’idée de base était de visiter le Musée de l’Afrique mais la faim m’a poussé à me rendre dans le petit village. En descendant du tram je remarque déjà les tags flaminguants et toute une série d’autocollants du Vlaamse Leeuw jaunit par le soleil. Mes aprioris semblent se confirmer quand je remarque un « VL » collé sur la plaque d’une voiture garée à l’entrée de la ville. La faim plus forte que tout m’amène dans un restaurant situé sur la « grand » place du village (il est assez petit en fait).

Le serveur est charmant et me parle en Français, le menu est bilingue. Le bilinguisme est d’ailleurs très présent même dans l’office du tourisme où l’on me donne une carte de la région. Dans le café d’à-côté, la serveuse remarque tout de suite mon accent et veut enchaîner en français mais je m’acharne à lui répondre en néerlandais. Assis à la terrasse, je me rend compte que le drapeau de la ville est un lion bleu sur fond blanc. Les autocollants que j’avais aperçu représentent en fait le blason de la ville. Un peu honteux de ma méprise et emporter par l’ivresse d’une Tongerlo et le sourire de ma copine, je décide de continuer mon périple en prenant un bus de Lijn vers Louvain après avoir visité le village. Je vous conseille la petite église de Tervuren, pas forcément belle, elle renferme un petit bout d’histoire méconnu : les tombes des congolais morts pendant l’expo 58.

Leuven est une ville charmante, les drapeaux Belges de particuliers sont plus qu’étrangement nombreux, les commerçants m’accueillent tous en Français avant de me féliciter de mes efforts en Néerlandais (j’étais d’ailleurs assez content de les snober, surtout à la fromagerie, je l’avoue). Pas le moindre problème. Au final, j’ai passé une après-midi délicieuse, rencontré des gens charmants et profité de l’excellent réseau de Lijn. Quand je pense que c’est ma Québécoise de copine qui me pousse à casser mes a-priori de Wallons.

Je ne remercie pas les élus locaux d’avoir à ce point pollué l’image de leurs charmantes communes auprès des francophones, j’espère que les étrangers sont moins touchés que nous par cette mauvaise publicité. De ma vie je n’ai jamais connu de réponse raciste en Flandres mais j’ai déjà été choqué à Anvers par l’attitude méprisante de certains, Belgique ou non, quelle tristesse de construire des frontières physiques qui nous empêche de partir à la rencontre de coins aussi charmants.

Avec la volonté de me racheter, je visite demain le village de Grimbergen, au nord de Bruxelles.

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Lions flamands et préjugés absurdes

Une réflexion sur “Lions flamands et préjugés absurdes

  1. Eh oui, c’est comme ça en Belgique: à force de se cloitrer dans sa petite région, on finit par avoir une image caricaturale de l’autre, surtout si on ne voit d’elle que l’image désastreuse que les flamingants en donnent.

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