Amnistie : conclusion des débats

J’ai pu participer et observer toute une série de débats concernant l’amnistie, sur facebook surtout et sur mon blog un peu. J’ai aussi lu ce qu’en disent les « faiseurs d’opinions » dans les journaux et je peux dés lors me faire une petite idée de l’avancée de ce débat ô combien délicat.

D’abord j’ai remarqué qu’il n’y a pas véritablement de demandes quant à cette amnistie, même Bart De Wever déclare que les Flamands ont « tourné la page ». Plus d’une fois j’ai lu « on peut l’accepter » ou « on peut en discuter » jamais « on peut le proposer ». J’ai beaucoup de mal à comprendre pourquoi ce sujet est arrivé sur la table des négociations maintenant.

Deux camps donc, pas vraiment de troisième voie, cela est-il d’ailleurs possible ? D’un côté les intransigeants : Juifs (souvent), fils de résistants ou de déportés et anciens combattants. Un contact m’a fait parvenir cette lettre et cette photo

Monsieur le Ministre, je suis fils d’un résistant(40-45) Zone V section 3
Georges Gielen.
.
Le message est le suivant/ pas d’amnistie pour les collaborateurs. Monsieur Di Rupo, vous allez négocier notamment avec la NVA. Nous savons par ailleurs que des anciens de la NVA (c’est la même chose concernant les wallons qui ont collaborés avec l’ennemi) sont des gens qui ont un passé politique bien connu de nationalistes, de fascistes et/ou de nazis (ect.). Ils ne se convertissent pas de manière « magique » à la démocratie.
Je ne doute pas de votre fermeté et de votre détermination sur ce point lors de vos prochaines négociations pour rejeter tout compromis sur ce sujet. C’est non négociable.
L’éducation et les territoires de nos mémoires, nous rappellent tous les jours qu’en Europe et dans le monde, la bête immonde n’est pas morte et que se croire à l’abri, définitivement, est une illusion.
Il n’y a pas longtemps c’était l’ex-Yougoslavie, le Kosovo …
La vigilance est de rigueur et le temps n’est certainement pas à se laisser bercer par le chant des sirènes.
Bon travail Monsieur le Ministre, bon courage, et ne laissons pas la Belgique, que nous voulons garder unie, à ceux qui depuis toujours rêvent de la détruire à leur seul profit, pouvoir et intérêts de toutes sortes.
Liberté, Egalité, Fraternité.
Très fraternellement.

Plusieurs lettres, e-mails et commentaires vont dans le même sens : pardonner, c’est oublier. Un bien connu historien moustachu de l’Ulg, dont le nom m’échappe en écrivant ces lignes, disait sur la Première qu’en pardonnant le vice, on n’encourageait plus à la vertu. J’ai eu aussi des commentaires de gens plus jeunes qui, là encore, liait « pardon » et « oubli », c’est d’ailleurs son étymologie grecque. C’est donc une crainte tout à fait présente chez beaucoup et donc pertinente. Difficile de trouver un consensus avec ces intransigeants dont je fais peut-être partie.

De l’autre côté on est plus souple sur la question, sans véritablement être très enthousiaste. J’ai lu plusieurs fois « mal nécessaire ». Il faut pardonner pour continuer et de citer en exemple : les relations franco-allemandes, l’Afrique du Sud ou l’Espagne. Ces situations ne sont pas toujours parfaites mais prouvent que dans certains cas l’Amnistie fait partie de la (re)construction nationale. En ne pardonnant pas, ne nous abaissons-nous pas à ce que les collabos ont fait pendant la guerre : promouvoir la haine et la vengeance ? On a bien pardonner deux fois à l’Allemagne … De plus, tout les « collabos » ne le sont pas devenus après dénonciations ou lutte contre la résistances, ils ont parfois été combattre le communisme de Staline, poussé par leurs curés. Un autre argument stipule qu’il en va de la réconciliation entre les Belges. A cela on peut répondre que cela fait longtemps que le débat n’est plus vecteur de conflits ou encore que la Belgique n’en vaut pas la peine. Pour finir, le pardon « chrétien » est souvent cité.

Alors qui a raison ? Pour ma part, je doit bien avouer que je pencherais difficilement dans le camp de l’amnistie. D’abord parce que la collaboration avec les nazis n’est pas n’importe quelle collaboration, la solution finale et la mort de milliers d’opposants politiques n’est pas n’importe quel cas de guerre, ensuite parce que je n’en vois pas l’utilité dans ce cas que le cas belge. Pourtant une petite chose dans ma tête me dit que cette revanche n’est pas digne du vainqueur.

Merci à tout ceux qui ont participé à ce petit débat, ils se reconnaitront peut-être dans l’une ou l’autre phrase de ce texte. N’hésitez pas à continuer dans les commentaires ci-dessous.

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