BHV, notre débat sur l’identité nationale

La lettre de Guy Verhofstadt au Monde, dans laquelle il critique l’absurde et dangereux débat sur l’identité nationale de nos voisins français, m’a à la fois enchanté et irrité. Enchanté car notre ancien Premier Ministre partage mes sentiments vis-à-vis de ce débat et surtout de son résultat. Comment traduire la complexité d’une identité en profonde mutation au moyen de controverses publiques et vulgaires telles qu’on les a connues en France. « L’identité » comme on en parlait au 19ème, voir même 20ème siècle, est-elle la même qu’aujourd’hui ? Doit-on irrémédiablement lier identité et nationalité ? Tant de questions qui n’ont rien à faire sur TF1, ni sur mon blog car je ne suis ni français ni spécialiste de la question.

Irrité, car la critique perd toute crédibilité quand on s’interroge sur sa source. Guy Verhofstadt ne ferait-il pas mieux de regarder dans son jardin, son pays, où le débat sur l’identité à un autre nom, mais le même caractère abscons : BHV. Les extrêmistes français et flamands sont-ils si différents ? Les problèmes de communautarisme en France sont-ils si différents des nôtres ? Le débat est-il plus sain ? plus civilisé ? Je ne le pense pas. Guy Verhofstadt oserait-il envoyer une telle lettre à Kris Peeters ou à Yves Leterme ? Je ne le pense pas non plus.

Publicités
BHV, notre débat sur l’identité nationale

9 réflexions sur “BHV, notre débat sur l’identité nationale

  1. Justine S. dit :

    Réduire la question « flamands vs francophones » au seul cas de BHV n’est-il pas faire l’autruche sur un problème beaucoup plus profond de la société belge ? Malheureusement, la société belge à bien d’autres soucis bien plus graves à se faire et certains préfèrent s’attarder sur la question communautaire plutôt que de constater que le système politique du pays est malade, que l’éducation nationale ne produit pas les résultats escomptés, que la Santé va au plus mal et que tout le système social est à revoir, entre autres. La Belgique est malade, le plus tôt que nous serons capables de l’admettre, le plus tôt que nous saurons l’apporter l’aide nécessaire.

    1. belgo3 dit :

      Je suis absolument d’accord avec vous. Je ne réduis bien sur pas la questions communautaire à BHV, ce serait aussi idiot que de réduire le problème français à des drapeaux dans des classes.

      Merci de votre commentaire.

    2. Oli dit :

      Justine,
      Lorsque vous dites : « La Belgique est malade, le plus tôt nous serons capables de l’admettre, le plus tôt nous saurons l’apporter l’aide nécessaire. », vous faites preuve de lucidité, mais là ou vous vous trompez, c’est lorsque vous continuez à croire qu’il s’agit d’une maladie et qu’une solution est possible.

      La Belgique est comme ces personnes très âgées qui s’éteignent petit à petit. Elles ne meurent pas d’une maladie particulière, mais simplement les différents organes du corps cessent de fonctionner parce qu’ils sont usés.
      La Belgique n’est pas malade, elle est simplement arrivée en fin de vie

      Voici quelques citations de personnalités et non des moindres qui avaient déjà compris que la Belgique n’aurait qu’une durée de vie limitée.

      « La Belgique n’a pas de nationalité et, vu le caractère de ses habitants, ne pourra jamais en avoir » ( Léopold Ier, 1859, après 28 ans de règne !).

      « Sire, il n’y a pas de Belges, Vous régnez qur deux peuples, les Flamands et les Wallons » (Jules Destrée au roi Albert Ier, 1912 ).

      « Les Belges ? Ils ne dureront pas. Ce n’est pas une nation, deux cents protocoles n’en feront jamais une nation. Cette Belgique ne sera jamais un pays, cela ne peut tenir » (Prince Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, Ministre français des Affaires étrangères, Ambassadeur plénipotentiaire à la Conférence de Londres de février 1831)

  2. Youri dit :

    La première réponse à votre premier sentiment, je la trouve dans ce texte qu’un forumeur français (de gauche) produit récemment. Je vous le livre in extenso.

     » François B. sur http://www.bruxelles-francophone.be/post31427.html#31427

    ” Je pense que le débat sur l’identité nationale est tout, sauf un faux débat ou un débat démagogique. Et le fait qu’il ait été lancé par NS, cela peut déplaire, mais cela n’y change rien:

    Permettez-moi de citer Braudel, dans son introduction à “l’identité de la France”, ouvrage composé à la fin de sa vie en 1981. Voici comment le grand homme justifie le débat sur l’identité nationale, débat toujours présent et perpétué, débat vital pour la nation, débat qu’il a placé au centre de cet ouvrage qu’il a conçu comme un testament philosophique et une déclaration d’amour à la France.

    “Toute identité nationale implique, forcément, une certaine unité nationale, elle en est comme le reflet, la transposition, la condition. (Le débat sur l’identité nationale) est une problématique centrale, une prise en main de la France par elle-même… un processus, un combat contre soi-même, destiné à se perpétuer… Une nation ne peut être qu’au prix de se chercher elle-même, sans fin, de se transformer dans le sens de son évolution logique, de s’opposer à autrui sans défaillance, de s’identifier au meilleur, à l’essentiel de soi…Si ce débat s’interrompait, tout s’écroulerait”

    Voilà pourquoi, sans être un supporter de NS, j’approuve le lancement d’un tel débat, car ce débat est celui de notre conscience morale collective, c’est le débat de la Nation.

    Ce qui serait grave, c’est que ce débat n’ait pas lieu. C’est en parlant de la Nation, de ce qui nous permet de nous dépasser et de vivre ensemble que l’on combat les extrémismes; non en les laissant dans le non-dit. Car alors ces extrémismes s’expriment par la violence.

    Le débat sur l’identité nationale, au delà de ses dérives extrémistes classiques, est toujours un débat sain, pour peu qu’il devienne un débat sur la Nation. Le risque du débat sur l’identité nationale n’est pas, comme tentent de le faire croire les âmes bien pensantes à gauche, celui de réveiller les extrémismes de droite, mais d’amener les gens au repli identitaire. Ce serait fâcheux en effet. Pour éviter cette dérive, il suffit de parler de la nation. Car contrairement à ce que j’entends dans les rangs de mon ancienne famille politique, la Nation ne conduit pas au nationalisme. En revanche t l’absence de débat sur la nation conduit au doute de soi, au pessimisme, au poujadisme, au mieux à la démocratie d’opinion, la pire des dictatures.

    N’ayant pas voté pour NS, je suis à l’aise pour dire que l’opposition lui fait un mauvais procès en lui volant dans les plumes sur ce sujet.

    Car bien entendu, en interdisant le débat sur l’identité nationale et la Nation, sous le fallacieux prétexte “qu’il remuerait les remugles du vichysme” pour reprendre les mots très durs de Guy Ver., on conforte l’autre ennemi de la Nation, bien plus redoutable car il avance masqué, l’internationalisme populiste, les Besancenot et Tarek Ramadan, les faux-nez et faux-culs de la République.

    Pourquoi Guy Verh. a-t-il pris ainsi le risque de souffleter le grand voisin ? Car c’est bien d’un soufflet qu’il s’agit. Il ne peut ignorer que ce geste public trouvera un jour sa réponse, soit sur le plan diplomatique, soit sur un tout autre plan. Essaye-t-il par cette provocation d’obtenir une réponse du Goliath voisin qui lui permettra de fédérer les forces nationalistes de son propre pays pour déboucher sur une mobilisation antifrancophone (puisque pour les Flamands, les francophones de BXL et de Wallonie sont des Français qui ne veulent pas le reconnaître), de manière à rendre la scission irréversible ?

    Il n’est pas possible un seul instant de penser que cette déclaration a été faite pour la beauté du geste. Ca n’existe pas en politique. Quelle est l’utilité de cette provocation anti-française sur le plan intérieur ? Où Guy Ver. veut-il amener son pays ?

    J’avoue que je suis perplexe. Il y a une réponse à ces questions, mais je ne la vois pas. “

    Bref, comme d’autres l’ont écrit : » Ta gueule Verhofstadt » http://www.causeur.fr/ta-gueule-verhofstadt,3766

    Je suis agréablement surpris par votre deuxième sentiment.
    Vous nous avez habitué à une critique polluée par vos sentiments irrationaux pro-belge-à-tout-prix.
    En effet Verhostadt est bien mal placé en tant que flamand pour donner pareille leçon à un pays voisin.
    Je n’ose imaginer les réactions belgicaines outrées si l’inverse s’était produit et qu’un Français avait eu l’outrecuidance de commettre pareille prose à l’intention du belgium.
    Bon dimanche.

    1. belgo3 dit :

      Sur la première partie, je vous avoue ma difficulté d’y réagir, ce n’est pas que ça ne m’interesse pas, mais je me situe très loin des théories d’Etat-nation (c’est probablement dû à mon identité Belgo-Polono-Juive) et ces problèmes d’identité nationale, je les vois très différement, je ferais peut-être un billet là-dessus.

      Sur la deuxième partie, une fois de plus, vous vous méprenez sur mon compte, je ne suis ni Jean-François Xavier de la Chardonnière-sur-Moselle, ni Herman De Croo . D’ailleurs, le BUB pense exactement la même chose que moi, et ce depuis toujours et si un Français venait critiquer notre modèle fédéralalacon j’en serais très content.

      1. Youri dit :

        Le modèle fédéral a été inventé afin de permettre aux communautés de vivre ensemble.
        J’aurais en effet préféré qu’il n’existe pas car le divorce serait sans doute déjà consommé.
        ce bois de rallonge nous fait perdre du temps, le temps c’est de l’argent, l’argent permet de faire vivre les gens et plus le pays est riche, plus il a les moyens de rendre les gens heureux.
        Vous-êts-vous un jour posé la question de savoir pourquoi ce pays est tant taxé et va finalement si mal ? Se poser la qustion est aussi y répondre. Il faut entretenir une complexité d’état poussée à l’extrême pour tenter d’arriver à trouver un équilibre entre les ethnies. Et même ainsi, ça ne marche pas.
        Basta.
        Bye bye belgium.

  3. Youri dit :

    A noter que ce jour Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères français, a présenté ses condoléances et sa sympathie au peuple belge à l’occasion de la catastrophe ferroviaire…

    Pendant que Peeters, Eerste van Vlaanderen, clamait que c’était un jour noir pour ….. la Flandre.
    Gageons que la plupart des victimes, navetteurs, seront pourtant wallonnes et francophones.

    Une déclaration telle que celle formulée par Peeters aurait justifié que Kouchner rajoute qu’il y a quelque chose de pourri en Belgique.
    Il est bien élevé cependant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s