5 raisons pour lesquelles je continuerai de manger du Sirop de Liège « Halal »

   1. Rien ne change dans le contenu

La recette reste la même, les ingrédients ne changent pas, tout simplement parce que le Sirop de Liège était déjà naturellement Halal (et Casher d’ailleurs, et végé aussi).

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 2. Ni dans le contenant

La (belle) boite, bilingue, reste la même avec, probablement, une discrète mention « halal ».

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   3.  Les belges musulmans partageront plus encore nos traditions et notre gastronomie !

Dans certains quartiers de Bruxelles, la plupart des produits que vendent les petites supérettes proviennent d’un marché parallèle avec, par exemple, beaucoup d’importations du Maghreb. Ces derniers temps cependant, de nombreux produits belges pénètrent ce marché et rentrent ainsi dans les maisons de davantage de musulmans de Belgique. Et si le Sirop de Liège devenait partie intégrante d’un repas de fête, accompagné d’une Kriek Halal ne serait-ce pas merveilleux ?

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   4.  Le produit sera plus facile à exporter

On le retrouve déjà dans de nombreux endroits insolites (Chez Harrods à Londres, Dans les marchés chics de Montréal, etc.) mais si je vois un jour une boite de Sirop de Liège dans un marché de luxe à Dubaï, j’en serais plutôt fier ! Vive le savoir faire Liégeois !

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  5.  Parce que cette décision marketing révèle à quel point notre société va mal

Insultes, violence … En plus Sud Press joue avec ça et en remet une couche. Comment une si petite chose peut-elle créer tant de haine et de réactions si ce n’est le racisme inhérent à notre société ?

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5 raisons pour lesquelles je continuerai de manger du Sirop de Liège « Halal »

Avoir honte de ses élus #GénocidedesArméniens #RBC

J’ai rarement eu véritablement honte de nos élus. J’en ai parfois détestés, Je me suis souvent moqué d’eux, je me suis souvent demandé pourquoi certaines choses n’arrivaient que chez nous, mais avoir véritablement honte est quand même quelque chose d’assez nouveau. Or, hier, ces élus qui refusent fièrement la minute de silence en mémoire du génocide arménien et les réactions extrêmement lâches qui ont suivies … c’est trop.

Génocide

Pour resituer l’histoire, nous sommes au parlement bruxellois et dans la cadre des commémorations du centenaire du génocide des Arméniens, plusieurs parlementaires souhaitent faire une minute de silence en souvenir des 1,5 millions d’Arméniens tués pendant la première guerre mondiale. Pourquoi une minute de silence pour les arméniens et pas les autres ? Parce que dans ce cas précis, outre le nombre affolant de morts, la question de la manière dont ça s’est produit à toute son importance.

Dans les années 10, le pouvoir en place (les Jeunes Turcs) rêve de reconstruire l’Empire Ottoman à l’est de l’Anatolie et se heurte aux Arméniens. Il lance alors une terrible dynamique meurtrière et industrielle dont l’objectif n’est ni de faire peur, ni de déplacer mais de supprimer un peuple, d’où le terme bien spécifique de génocide (au lieu de « massacre » ou de « nettoyage ethnique »). Cette minute de silence n’est pas seulement destinée aux Arméniens, ou même aux Turcs, mais à l’homme moderne qui a été capable de produire de tels concepts, 3 fois et sur 3 continents en un siècle à peine*.

Communautarisme

Retour au Parlement Bruxellois donc. La minute de silence n’aura pas lieu. C’est le PS qui l’en empêche et en particulier certains élus qui nient en bloc le concept du génocide. Si ils avaient nié celui des Rwandais ou des Juifs, ils auraient été foutu à la porte du parti sans discussion, mais là, il ne se passe rien. Pourquoi tant de lâcheté du PS sur cette question pourtant claire et avalisée par les historiens belges et européens dans leur grande majorité (ainsi que par les pontes du PS) ? Représentent-ils les Bruxellois ou les seuls « Bruxellois-d’origine-turque » ? Et quel est l’objectif de ce refus ?

Négationnisme

Comme c’est le cas dans la négation du génocide des Juifs, nier le génocide des Arméniens n’est jamais vraiment qu’une question de sémantique. Le débat ne tourne pas autour de détails. Les négationnistes antisémites voient derrière l’orchestration du grand mensonge la main fourbe du « sioniste » qui parvient ainsi à asseoir son pouvoir sur le monde. Le négationnisme n’est pas une opinion comme une autre. Chez les Arméniens, l’idée est la même et l’idée derrière l’idée aussi.

Lâcheté

Je suis sans doute très naïf mais cette histoire m’a tout de même étonné. Quand je dis que j’ai honte pour la première fois de mes élus, c’est sincère, je n’aurais jamais imaginé une lâcheté pareille. Il ne s’agit pas ici de montrer du doigt les Turcs comme un peuple mauvais. Rare sont les nations européennes qui n’ont pas été à la base d’un massacre plus ou moins important, en ce compris la Belgique qui, même si les historiens ne s’entendent pas sur les chiffres, a beaucoup d’introspection à faire en ce qui concerne le Congo. Je crois sincèrement qu’un génocide n’est pas que l’affaire d’un peuple ou d’un autre mais de toute l’humanité.

Citoyenneté

Alors que faire ? Comment réagir ? Je n’ai pas l’impression que ces élus négationnistes se feront taper sur les doigts par le parti. Il faut passer outre, sans faire d’amalgame sur le PS où nombreux sont ceux qui ont été aussi choqué que moi, je n’en doute pas, mais ne pas oublier ce qui s’est passé cette semaine. Ne pas faire comme d’habitude dans ce pays « tout trouver normal et oublier ». Le devoir de mémoire de la Shoah, du génocide des Rwandais et de celui des Arméniens est d’abord et avant tout un devoir citoyen.

* au moins

Avoir honte de ses élus #GénocidedesArméniens #RBC

l’Alyah expliquée à mes potes pas Juifs (tentative)

L’Alyah implique deux convictions politiques. La première, est que le judaïsme est bien plus qu’une religion, c’est une nationalité, comme être belge ou français. Le judaïsme serait donc une Nation et Israël son Etat-Nation. Nous, Juifs de la diaspora, serions des expatriés. Cette vision des choses n’a rien d’évidente, d’automatique, de naturelle. Notez d’ailleurs que, religieusement parlant, cette appartenance à Israël peut aussi être symbolique. Certains Juifs prient pour Israël mais ne reconnaissent pas l’existence politique d’Israël… vous suivez ?

La deuxième croyance, liée à la première, est que les Juifs expatriés feraient mieux de « retourner » « revenir » en Israël, dans leur foyer, « chez eux ». Là, on ne parle plus de symbole, cela veut dire émigrer, recevoir un passeport israélien, payer ses impôts en Israël. Les arguments sont religieux, culturels, politiques et, donc, nationalistes*. On pourrait résumer cet ensemble d’arguments en un mot : le sionisme. Mais c’est un peu plus compliqué que ça …

Presque tous les Juifs sont sionistes. Mais presque tous les Juifs en auront une définition qui leur est propre. Le mot « liberté » dans la bouche de Ghandi, de Ben Laden ou de George Bush n’aura pas du tout la même définition, c’est le problème avec ces termes abstraits. En Belgique, « nationalisme » et « patriotisme » seront synonymes pour certains, antonymes pour d’autres. »Sionisme » renferme tellement de définitions qu’il serait absurde de l’expliquer en quelques mots, comme cela se fait malheureusement très souvent, tant chez certains sionistes que chez certains anti-sionistes.

Je disais donc, presque tous les Juifs sont sionistes, parfois sans y avoir trop réfléchi, comme tous les Belges sont démocrates ou les Français républicains, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont tous tentés par l’Alyah et donc, par une certaine vision du sionisme que je vous ai expliqué plus haut.

Beaucoup de Juifs se considèrent d’abord comme belges, ou européens. D’autres, comme c’est de plus en plus le cas en Europe, partagent une identité complexe ou Israël est certes un pays important, différent, mais il n’est en rien un Etat-Nation. On voit souvent à la télé, ces Juifs qui agitent le drapeau israélien, difficile d’en tirer des conclusions, les choses ne sont pas aussi simples qu’elles n’y paraissent. C’est parfois le symbole d’un pays, parfois celui d’une religion, parfois des deux (en ce compris du côté des antisémites).

Vous l’aurez peut-être compris, moi je n’imagine pas un instant faire mon Alyah. Non seulement je ne considère pas ma religion comme ma Nation (je ne crois tout simplement pas au concept de Nation), non seulement je ne suis pas le plus ardent sioniste politique, mais en plus je n’ai aucune sympathie (ni antipathie) pour Israël qu’il me plaît de visiter en short avec un appareil photo autour du cou mais sans plus.

Ceci dit, vous aurez remarqué que j’écris le mot « Juif » avec une majuscule. Je considère en effet que vu ce qu’il s’est passé, en ce compris dans ma famille, pendant la deuxième guerre mondiale, c’est autre chose que croire, autre chose que prier, autre chose que porter une kippa, c’est une partie intégrante de ce que je suis et de ce que je serai toujours**. C’est aussi pour ça que je considère Israël comme un pays différent, comme celui où se sont réfugiés les survivants et celui où ça n’arrivera plus jamais, c’est ma façon d’être sioniste.

Voilà, comme ça vous avez deux points de vue. Je vous présente mes excuses, ce n’est sans doute pas le texte le plus clair que vous ayez lu cette année***, mais c’est un sujet compliqué, même pour les Juifs… surtout pour les Juifs. Une chose a par contre toujours été claire pour moi, je me permets le droit de me penser moi-même et à ceux qui veulent m’imposer une identité, je n’ai qu’un geste de la main à faire.


 

* Si vous me connaissez, vous savez ce que je pense du nationalisme. Ceci dit, ici, ne le prenez pas péjorativement.

** A ce sujet, l’histoire incroyable de mon cousin Max Iland du Canada (en Anglais)

*** Ni celui avec le moins de fautes d’orthographe …

Aussi : je déteste le mot « Goy », ça me fait penser aux Moldus d’Harry Potter, c’est pour ça que le titre est moche comme ça

l’Alyah expliquée à mes potes pas Juifs (tentative)

Boum, boum, boum #jesuischarlie

Quelques minutes à peine après l’annonce de la fusillade, je vois fleurir sur mon mur Facebook des messages moralisateurs divers. J’ai des « amis » provenant de tous les milieux, je m’attendais à voir de tout.

  • les habituels musulmanophobes (je n’aime pas le terme « islamophobe » qui, comme le terme « antijudaïsme », n’a rien de condamnable) crachant sur tout et sur n’importe quoi, postant des images de Croisés et de Burka, profitant de l’émotion et des divisions.
  • les habituels complotistes, amis de Laurent Louis, de Dieudonné et de tant d’autres, n’attendant même pas les détails de l’affaire pour tirer des conclusions absurdes et attendues: « les Sionistes sont surement dans l’coup », « ces images sont fausses », « on nous ment ».
  • finalement, les habituels gauchistes, ceux qui crachaient sur Charlie Hebdo, qui se prennent pour de nouveaux Mendela, qui refusent la réalité d’un monde qui change, d’une recette ratée, d’un plat qui brûle dans un four mal réglé et de l’odeur de cramé qui se répand dans la maison.

C’est à chaque fois la même chose. J’ai peur quand la bombe explose, ou quand les fusils tirent, et j’ai peur quand Facebook s’allume, quand twitter se met en branle. Les attentats terroristes me font penser à des avions qui passent le mur du son, il y a deux boums. Le premier, l’attentat lui-même, la mort, la violence, la tristesse, la peur. Le deuxième, la réaction, la colère, la récupération, la connerie. Les Islamistes réussissent toujours mieux le deuxième boum que le premier, qui s’oublie vite, noyé qu’il est dans les torrents de mauvaises nouvelles quotidiennes.

Le deuxième boum, il va nous poursuivre pendant des mois. Si fort, il va nous empêcher de penser et parler, il va nous faire regarder des femmes voilées d’un oeil torve dans la rue, il va nous faire monter les yeux aux ciels quand des idéalistes chantent John Lenon, il va nous faire regarder les vidéos de pseudo-investigations qui essaient de nous faire croire que le tireur n’a pas vraiment tiré sur le policier à terre, il va nous faire hésiter quand, le jour du vote, la case « extrême-droite » ne nous dégoute plus autant qu’avant.

La police a eu le courage d’affronter le premier boum, ils se sont lancés dans le magasin et dans l’entrepôt, nous donnant en passant une fameuse leçon de courage. A nous de nous lancer dans le deuxième, d’affronter la bêtise et de ne pas abandonner. De combattre cette pollution des esprits qui nous empêchent de réfléchir, de continuer à rire des Arabes et des Juifs, de continuer de croire que la démocratie et l’égalité valent la peine de se battre et de soutenir ceux qui se battent, littéralement comme littérairement, pour nos valeurs.

A nous de faire le troisième boum.

Boum, boum, boum #jesuischarlie

La théorie du pourrissement (de la NVA)

Avec des Jan Jambon et des Theo Francken, les scandales n’ont pas terminé de venir ternir l’image du gouvernement et de ses composantes. Un gouvernement qui, Bart De Wever vient de le rappeler, ne doit pas tomber. En s’accrochant ainsi à un pouvoir immobile et malgré des raisons qui, dans n’importe quel autre pays démocratique du monde, auraient amené (au moins) à un remaniement ministériel, rien ne changera de si tôt. Et, la célèbre théorie du pourrissement, jadis imaginée pour affaiblir le pouvoir fédéral, pourrait se retourner contre ses créateurs.

Scandales

Les journalistes flamands ne sont pas en reste quand il s’agit de s’attaquer à la NVA. Alors qu’ils étaient plus silencieux lors de la campagne électorale, craignant sans doute qu’on ne les accuse de partialité, tant les grands journaux que les Pure Players, comme le décidément très bon apache.be, couvrent intensément dérives et casseroles. On ne doute pas que pour une frange importante de la NVA, les anciens du Vlaams Belang par exemple, ces scandales ne changent pas grand chose à l’équation, par contre, ceux pour qui le parti était d’abord celui des réformes économiques (et du bourgmestre d’Anvers) seront sans doute déçus.

Changements attendus

V voor Verandering, le C du changement, était le slogan du plus grand parti du pays. La NVA, très forte dans l’opposition montre déjà des signes de faiblesses dans la majorité. Ils tombent dans les mauvaises habitudes de la particratie en plaçant leurs pions comme le font les partis traditionnels et en jouant avec les règlements. Autrement dit, ils se traditionnalisent. Leurs ministres, tant au niveau des régions que du pays, peinent à marquer les esprits et campent toujours, terriblement bas dans le baromètre de popularité. Nous n’en sommes, bien sûr, qu’au début mais je prédis un fameux retour sur terre pour ceux qui s’imaginaient 5 ans de fêtes et une arrivée facile et victorieuse à la fin du parcours.

Pourrissement

Charles Michel n’aura sans doute pas le courage de mettre Jan Jambon à la porte. C’est Bart qui a le dernier mot sur la question et il perdrait le soutiens de sa base ultra qui retournerait fissa au VB. Finalement, la belle-mère n’a pas plus de pouvoir que le Père sur la question, Bart est dorénavant à la tête d’une énorme machine, et il ne suffit plus d’appuyer sur un bouton pour tout changer. A moins d’une incroyable reprise économique et d’une gestion efficace de l’Etat, que ne recherchent d’ailleurs pas tous les membres du parti, on doute que la population suive encore longtemps la marche, les deux doigts levés en forme de V.

Tenir

De toute façon, quand bien même la tentation de tout abandonner leur passerait par la tête, les temps ont changé. La population n’accepterait plus aussi facilement les chutes de gouvernements incessantes qui jalonnaient l’histoire politique de notre pays (d’ailleurs, c’est rendu impossible dans les régions et communautés) et la NVA sait qu’elle ne doit surtout pas provoquer elle-même la fin de l’aventure suédoise. Aucun autre parti ne veut risquer un tel scénario, d’où, sans doute, le silence assourdissant qui accompagne les révélations Jambonnaises (désolé) mais cette attitude attentiste, un moindre mal à court terme, pourrait bien être le début de la fin de ceux qui rêvent encore d’une NVA à 40% en 2019.

La théorie du pourrissement (de la NVA)