#Kompany Vs De Wever / Fantasme ou réalité ?

Bart De Wever a-t-il peur des Diables Rouges, et si c’est le cas, a-t-il raison d’avoir peur ? Rien n’est moins évident.

Sport et politique, des liens évidents …

Dire que le sport et la politique sont absolument séparés n’a aucun sens, c’est nier la réalité. Dans les Balkans, en Ecosse, en Catalogne, en Egypte ou ailleurs, le football en particulier dépasse très souvent les frontières purement sportives. Que ce soit sur le terrain, via les résultats, ou tout autour, via l’affichage du patriotisme ou, plus tristement, via les débordements violents, la politique s’est souvent immiscées par la petite porte et peut même, parfois, faire totalement oublier les scores.

… à ne pas exagérer

Luc Vander Kelen (éditorialiste hln) pense que Vincent Kompany et toute son équipe font peur à Bart De Wever, et beaucoup d’autres partagent cet avis avec comme illustration le fait qu’Anvers soit la seule ville à ne pas diffuser les matchs des Diables. Je suis un peu sceptique. Un autre bourgmestre aurait-il diffusé le match ? Peut-être que oui, peut-être que non. A Gand, le match n’a pas été diffusé car la dernière fois (contre la Turquie) les choses s’étaient très mal passées, mais à Anvers il n’y a pas vraiment de "bonnes raisons". Feeling threatened Bart De Wever ?

Rationalisons

Si De Wever se sent effectivement menacé, ce qui n’a rien d’évident, a-t-il raison de l’être ?J’ai réalisé pour vous ce petit tableau. En rouge, les résultats de la N-VA que j’ai simplifié vu que ce ne sont que des estimations (sondages, marge d’erreur, bla bla bla …). En vert, l’évolution incroyable de la Belgique dans le classement FIFA grâce aux nombreuses victoires des Diables depuis un an. Comme on peut le voir, les liens ne sont pas franchement … clairs.

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Fierté retrouvée

Ceci étant dit, il faut tout de même remarquer que le drapeau belge et la Brabançonne n’ont jamais eu autant de succès. Les couleurs belges s’affichent à nouveau, sans honte, d’Ostende à Arlon. Depuis la crise politique de la fin des années 2000, on avait plus vu ça et les raisons étaient pour le moins différentes. De Wever n’a peut-être pas vu ses résultats baisser mais Vincent Kompany a eu le mérite de s’opposer à celui contre qui personne n’a vraiment oser le faire jusqu’à présent.

A cela, il faut rajouter les effets de la campagne de pub financée par l’URBSFA: drapeaux, participation des femmes et des enfants, présence sur les médias sociaux et dans les médias classiques  …  Tout ça donne une image très positive au pays (au produit) qui en a bien besoin. On peut faire le parallèle avec le cyclisme, utilisé par le nationalisme flamand pour son auto-promotion.

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Double tranchant

Quand les supporters déroulent "Tonight, Bart you’re alone", quand Kompany tweete et attaque la N-VA, la frontière entre sport et politique se réduit. Souvenons-nous que ça ne va pas toujours dans le bon sens et que tout ça est lié, d’abord et avant tout, aux scores: du temps de sa splendeur, le Vlaams Belang avait appelé à la scission de l’équipe nationale qui, à l’époque avait du mal à conserver sa 53ème place mondiale. Lier survie de la Belgique et succès de son équipe nationale est donc non seulement contestable, mais aussi très risqué.

Quand trop de sondages tuent les sondages

Reblogué depuis Politique belge (et autres...):

Cela faisait longtemps (au moins trois semaines) que l’on n’avait pas eu de sondage sur l’avis des Belges à propos de la monarchie. C’est ce que nous livre le sondage RTL/Le Soir/IPSOS avec d’autres questions concernant les souhaits de coalitions après 2014. Inintéressant ? Bien au contraire puisque, ce qui est remarquable dans ce nouveau sondage, c’est que les résultats sont en contradiction totale avec d’autres sondages effectués récemment sur les mêmes sujets.

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Place Taksim, Place Poelart : même combat

A Istanbul, la jeunesse éveillée protège ses parcs de la soi-disante modernité que propose le Premier Ministre: une mosquée et un centre commercial. Sauf que la ville, c’est autre chose, la modernité, c’est autre chose. Pas besoin d’aller à Istanbul pour être confronté à cette vision caricaturale de l’avenir, Bruxelles deviendra bientôt un centre commercial géant.

Une question de choix

Les villes européennes sont en concurrence permanente, elles doivent rivaliser d’ingéniosité pour attirer visiteurs et investisseurs. A Bruxelles, l’importance est de taille, avec un taux de chômage quasi-systémique, il faut agir, et vite. Le centre commercial semble être la seule et unique solution. Emplois, argent, on en veut à tous les coins de rue. Un centre commercial, c’est le symbole du développement, à Istanbul ou ailleurs. On essaie à peine d’autres solutions, on fonce têtes baissées chez H&M, Abercrombie et Jennifer.

Brussels Shopping City

Refaisons un instant le compte des projets de "Shopping Centres" que comptera bientôt la capitale belge : NEO, qui remplacera le so old mini Europe/Brupark, sera un centre commercial géant de 65.000m² situé en plein Laeken, une des communes les plus pauvre de Belgique, on espère que tout ça va créer de l’emploi, de la richesse … le rêve éveillé. Sauf que quelques kilomètres plus loin, à Machelen, c’est 190.000m², du délire, de magasins qui sortiront de terre. Les mêmes magasins que Rue Neuve, Porte de Namur … et NEO. Et puisque jamais deux sans trois, un troisième projet dans le même coin du pays proposera (un petit) 36.000m². A quoi, cela rime-t-il ? Mais on continue dans le délire.

Trois nouveaux centres commerciaux géants, dans le même quartier ...

Trois nouveaux centres commerciaux géants, dans le même quartier …

Le palais de justice, symbole du vide

Le Palais de Justice était le symbole de la puissance passée, de l’ambition de nos ancêtres. Un monument à la gloire de la Justice, qui sera bientôt transformé en … je vous laisse deviner … allez, oui c’est bien ça: un nouveau centre commercial. Il va falloir changer de disque, quand il y a plus de magasins que de clients et quand la grande majorité de ces clients vont chez Zeeman, Lidl et Kruidvat, tous ces centres commerciaux ultra-luxueux, ça ne mène à rien. Était-il si impossible de transformer le Palais en autre chose ? Pourquoi tout tourne-t-il toujours autour du fric dans une ville où un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté ?

Taksim, Poelart même combat

J’ai beaucoup de sympathie pour les bobos Stambouliotes, ils se battent contre la marée. Je ne crois pas qu’ils soient majoritaires malheureusement, je ne crois pas une seconde qu’Erdogan perdra les prochaines élections. Il a modernisé son pays, détruit son patrimoine et fait passer la pilule avec un peu de religion, il a tout compris de l’Europe et de l’Occident. La modernité se passera entre le Shopping Center et le lieu de prière, du pain et des jeux, un parc ça ne sert ni l’un, ni l’autre …

Tongres belge, Tongres flamande ou Tongres liégeoise …

Tongres est la plus vieille ville de Belgique, c’est d’ailleurs le slogan utilisé. Sur la  Grand’place trône fièrement la statue d’Ambiorix, un héros créé par les premiers belges censé unir la toute jeune nation face aux Hollandais. Et si cette simplification de l’histoire avait eu l’effet inverse ?

C’est un symbole en particulier qui m’a fait penser à ça. Dans une petite rue à côté de la place centrale, pas évidente à trouver, on peut voir … un Perron. Un Perron comme à Liège, sa copie précise (uniquement la partie supérieure) avec une pomme de pin et une croix romaine au-dessus. J’ai beau voir eu "histoire-forte" et connaître l’importance de l’histoire de la Principauté de Liège, dans le climat actuel où la frontière linguistique à une importance politique telle, on est quand même un brin étonné.

Plus intéressant encore, une plaque (multilingue) installée par la commune explique que le Perron (datant du XVIème siècle) a été remplacé par Ambiorix en 1866, soit une petite quarantaine d’année après l’indépendance belge. Lors de la construction de la "nation" belge, on a effacé les traces de siècles et de siècles d’une Principauté qui niait complètement les frontières linguistiques et nationales pour ériger une statue, certes assez belle, mais qui ne veut pas dire grand chose.

L'histoire du Perron de Tongres

L’histoire du Perron de Tongres

Le problème est que l’histoire créée en 1830, on l’a oubliée car à notre époque, la critique et le scepticisme vis-à-vis du nationalisme belge ont, heureusement, pris une place bien plus importante. Le problème c’est que le Perron, qui illustre une page franchement intéressante de toute la région, pas uniquement pour la Belgique d’ailleurs, a lui aussi été oublié car pas assez "belge" pour 1830… et pas assez Flamand pour aujourd’hui ?

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J’en profite pour vous parler de la candidature de Maastricht comme capitale culturelle en 2018. La particularité de cette candidature est qu’elle regroupe non seulement Maastricht mais toutes les villes et régions avoisinantes, c’est la candidature de l’Euregio Meuse-Rhin. Ce petit coup d’oeil à l’histoire, j’adore ça, je vous invite à les soutenir !