#BeGov : la droite « caricaturale »

Comme beaucoup j’étais ravis de voir le PS retourner dans l’opposition au niveau fédéral. D’abord parce que je ne trouve pas qu’ils aient fait un job magistral mais aussi, et surtout, parce que je considère que l’alternance est une preuve de bonne santé démocratique. Je suis né en 1988 et c’est la première fois, de ma vie, que je vie dans un pays où le PS n’est pas au pouvoir, ça n’est pas normal, même des gens de gauche doivent pouvoir le reconnaître.

Ceci dit, et comme beaucoup, je ne saute tout de même pas de joie à l’idée de voir la NVA dans la majorité. La NVA n’est pas juste à droite, c’est une droite caricaturale. Des « anti-tout » obsédés par leurs obsessions : anti-roi, anti-socialistes, anti-environnement, anti-libéralisme, anti-Belgique, anti-art, etc… Des anti-tout caricaturaux. Je suis favorable à un peu plus de libéralisme en Belgique, ne serait-ce que pour essayer autre chose, mais ce gouvernement le sera-t-il vraiment ?

Cette droite caricaturale va se faire du mal à elle-même, la NVA baisse déjà dans les sondages et avec une erreur de communication par jour, comme c’est le cas depuis la prestation de serment (Affaire de la Porsche, des signes de la mains, déclarations stupides de Jan Jambon sur la collaboration) je doute franchement que le parti nationaliste revienne avec 30% en 2019. A moins qu’ils ne se calment, c’est la droite dans son ensemble qui va en pâtir et on pourrait voir le retour, triomphant, du PS (et du spa, de groen, d’écolo, du PTV/PVDA) la prochaine fois. Tant mieux, ça fera de l’alternance.

Ministres de la santé obèses: en Belgique et ailleurs …

C’est un peu le comble pour un ministre de la santé d’être en surpoids, un peu comme un parti séparatiste qui dirige le pays qu’il souhaite supprimer, mais nous n’en sommes pas à une absurdité près dans notre pays.

Ceci dit, figurez-vous qu’il n’y a pas qu’en Belgique que le ministre de la santé est obèse, je vous présente Gaétan Barette, ministre de la santé du Québec … pas mal non ?

La majorité flamande s’attaque à l’art, et ce n’est bon pour personne …

Le nouveau gouvernement de droite nationaliste/cdnV/Vld en Flandres a abandonné l’idée d’un gouvernement en équilibre, par contre il n’a pas abandonné l’idée de faire d’énormes coupes budgétaires un peu partout pour s’en approcher. Loin de moi l’idée de critiquer cette volonté d’économiser l’argent des contribuables, ceci dit, une série de décisions m’étonnent et me fâchent, moi qui aime tant la Flandre des musées, de la musique, de l’art et du goût. Ce qui m’étonne particulièrement, c’est que ces décisions s’attaquent au cœur même de l’identité flamande et, de la part d’un gouvernement nationaliste, c’est un fameux paradoxe, ou pas.

« [L'art et la culture] (…) sont incroyablement importants, mais ils ne servent finalement à rien, sinon au contentement général. » 

Sven Gatz, Ministre flamand de la culture.

Sven Gatz, pour qui j’ai par ailleurs beaucoup de sympathie l’ayant rencontré (il m’avait invité dans son ancien bureau sur la Grand’Place à l’époque où il présidait les Brasseurs de Belgique) est à la tête de cette fronde anti-culturel, sous des arguments plus économiques que politiques, ce qui m’énerve d’autant plus. Environ 18 millions d’€ seront retirés à de grands noms de la culture du nord du pays: le Mukham d’Anvers ou encore l’Ancienne Belgique de Bruxelles, et ce n’est que la face visible de l’iceberg. Les membres de la majorité n’ont exprimé que du mépris pour le secteur artistique, à commencer par Bart De Wever qui s’y est, presque personnellement attaqué. La triste vérité est que la force politique du moment en Flandre haït l’art et ses représentants.

[l'Art moderne, c'est] l’art qui choque, l’art qui est incompréhensible, l’art qui ne parle qu’à un petit groupe, l’art auquel l’homme moyen ne comprend rien, ça n’a pas toujours été comme ça.

Bart De Wever, bourgmestre d’Anvers dans une colonne du Standaard en 2011

Le paradoxe c’est qu’en s’attaquant à la culture et aux artistes, le gouvernement nationaliste flamand s’attaque à sa propre image, à ce qui fait d’elle autre chose qu’une simple région habitée. Ce ne sont, en effet, pas les rassemblements de la Tour de l’Yser ou les Lancés de Drapeaux qui font la richesse culturelle de la région-nation, ce sont ses musées, ses artistes qui s’exportent partout dans le monde et qui donnent leur lettre de noblesse au S.M.A.K. ou au MuZee. Jan Hoet, qu’il repose en paix, a apporté 300 fois plus à la culture flamande que n’importe quelle Foire aux Saucisses ou Festival de la chanson locale, et c’est à lui et à son monde que le gouvernement nouvellement élu s’attaque, dans l’espoir de faire quelques économies de bout de chandelle.

« La culture est une affaire avec un grand K, mais aussi avec un petit K. »

Ludwig Caluwé, Député Flamand de la majorité (notez que même en néerlandais, Cultuur s’écrit avec un c).

Le nationalisme flamand n’a jamais aimé ce qui fait pourtant la spécificité de la culture flamande en Belgique et les artistes contemporains néerlandophones le lui rendent bien. Ils se détestent. Je m’en suis rendu compte à plusieurs reprises lors de vernissages à Anvers ou à Gand, Bart De Wever est le diable incarné et celles et ceux à qui j’en ai parlé utilisent des mots pour le définir qu’on oserait plus utiliser en Wallonie sous peine d’être taxé de diabolisateur. Le monde flamand de l’art au sens large et bien au-delà du monde de l’art contemporain, est à gauche, très à gauche, pas de chance et il est aussi très belgicain, zut, flut.

« Fuck you, Bart De Wever »

Arno

En se vengeant de ces artistes qui ont tellement craché sur le saint Lion Flamand et en faisant plaisirs aux nombreux populistes du nord du pays pour qui l’art contemporain est tout simplement dégénéré, c’est la branche sur laquelle ils sont assis que ces élus s’apprêtent à scier. La Flandre sans ses artistes c’est un retour dans le passé, un retour dans la transparence. L’argent ne fait pas tout et rare sont les partis nationalistes dans le monde qui sont à ce point éloigné de la scène culturelle. Ils savent, au Québec ou en Ecosse, que sans art national, la nation s’évapore dans la mondialisation anglo-saxonne.

Il va sans dire que c’est toute la Belgique qui va y perdre, en ce compris les Belgicains, même si cette opposition renforcera encore un peu l’esprit rebelle de certains artistes déjà populaires (Daan, Arno, Schuiten, …) qui n’ont plus besoin de subsides, ce sont plutôt les autres qui payeront l’addition… à suivre.