Le Meuse plutôt que le Jourdain

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Mes amis proches ont toujours regardé cette partie de mon identité avec beaucoup de curiosité. Si j’avais gagné un centime chaque fois que j’ai entendu “c’est la première fois que j’en rencontre un, je ne vous imaginais pas comme ça !” je serais riche. Je ne l’ai jamais mal pris, ça m’a toujours fait rire, même quand j’étais très jeune. A Liège, on n’est pas très nombreux alors c’est inévitable, on me voit parfois comme un martien.

J’ai souvent dû expliquer ce que ça voulait dire, alors que je ne l’ai pas toujours très bien compris moi-même. Non, je ne “crois” pas en ça, oui on “fait” ça, non on ne peut pas “manger” ça. Pour ne pas en parler des heures, j’ai construit une sorte de mode d’emploi facile mais qui, en fait, ne voulait pas dire grand-chose: être Juif c’est …

En primaire, c’est surtout celui qui ne va ni au cours de morale, ni au cours de “religion”. En secondaire, c’est celui qui “mange toujours en classe avec sa prof qui est si gentille”. Je suis aussi celui qui va au “temple” et qui porte un drôle de “chapeau”. Celui qui s’en prend plein la gueule dans South Park. Celui aussi vers qui tous les regards se tournent quand passe la bande originale de Rabbi Jacob. De nouveau, ça me faisait (fait) rire, je l’ai toujours pris comme ça et ce n’est jamais méchant.

A l’université, les choses se sont un peu gâtées, c’était moins drôle. Bien sûr, avec mes proches, je n’ai jamais eu de problèmes, que du contraire. Par contre, dans les couloirs, dans les salles de cours et pendant les conférences et les discussions facebook d’étudiants, je suis soudain devenu “probablement sioniste”, “probablement anti-palestinien”, “probablement riche” et plein d’autres “probablement”. Beaucoup de méchanceté.

Mes conversations avec des inconnus changeaient de ton dès qu’ils savaient. Parler d’Israel est presque devenu obligatoire quand on s’adressait à moi et à une époque, je suis rentré dans le jeu, je ne savais pas vraiment quoi faire d’autre. Je me suis senti obligé de défendre ce pays que je connais à peine pour me défendre moi-même.

La vérité pourtant, c’est que je me sens aussi Israélien qu’Islandais. Ça n’a rien avoir avec sa politique, ses colonies ou son parlement, je ne me sens en rien lié avec ce pays, point barre. Pourquoi me colle-t-on le drapeau bleu et blanc sur le front dès que je parle de mes “origines” ? Je le sais, mais avec le temps j’ai appris à m’en foutre, mon peuple ce sont mes amis et ma famille, le reste n’a pas d’importance.

Pourtant, face à ce qui s’est passé au Musée Juif de Bruxelles, mes convictions si solides sont mises à rude épreuve. Ce que je lis sur les réseaux sociaux depuis des mois et cet attentat confirment que quoique je fasse, quoique je dise, la forme de mon pénis et le nom de famille de ma mère restent, pour certains, une raison suffisante de pointer une arme dans ma direction et de viser ma tête. J’aurais été par hasard dans ce beau petit musée, ma mort aurait été excusée par la politique israélienne, la banque de Rothschild ou je ne sais quel autre fantasme par les trop nombreux ploucs qui pullulent sur le web.

Alors que faire ? Je vois beaucoup de membres de la “communauté juive” cracher sur l’Europe et proposer le “retour” en Israël comme unique solution. Comment les en blâmer, je les comprends parfois, mais je ne peux rien y faire, je me sens belge, européen, c’est comme ça, la Meuse plutôt que le Jourdain. Alors que faire ? Avoir confiance, confiance que quelque chose se passe, confiance qu’on prenne le problème en main. Confiance que l’immobilisme ne sera pas, une fois de plus, la réponse au problème du racisme, de l’antisémitisme et de toutes autres formes de conneries de ce genre. Confiance.

 

 

 

Une bonne fête, un Roi moyen, une bien mauvaise presse

Cette année j’ai fais la totale: le 19 à Liège pour remercier Albert (ce pays où on tutoie le Chef d’Etat …), le 20 à Bruxelles pour le Bal National même si ma soirée s’est arrêtée à l’entrée de la place puisque la police ne nous laissait plus passer et le 21 rue de la Régence et face au palais. Un bon souvenir pour une fête réussie.

Les bons points

Succès de foule, records d’audience pour les 4 grandes chaînes nationales (et leurs sites internet) ce 21 juillet est une réussite populaire incontestable. On est très loin du ratage du 11 juillet où la fête de la communauté flamande n’avait rassemblé que quelques fanatiques, hommes politiques et touristes un peu perdus. Non seulement il y a avait un monde fou mais en plus les drapeaux, maquillages et autres merchandising illustrent l’enthousiasme retrouvé. Quant à Philippe, malgré ses faiblesses (j’y viens dans quelques lignes) il a été pro. Pour être honnête j’avais peur qu’il se prenne le tapis ou qu’il se goure dans sa prestation, à mon grand étonnement il avait l’air plutôt détendu et tout s’est très bien passé. Rue de la Régence, les organisations patriotiques ont fait le plein de supporters et un petit oiseau me dit que le B.U.B. aura beaucoup, BEAUCOUP, de signatures pour présenter ses listes lors des élections de 2014.

Les mauvais points

Quelques points négatifs tout de même qui rappellent que même si Filip a fait de gros efforts il est, et restera toujours, un homme mal à l’aise face à la caméra comme face au peuple. Lors du Bal National (vu à la télé donc), c’était juste … triste de voir le Prince (encore à l’époque) Philippe faire semblant de danser assis, sans avoir même déboutonné son costume démodé, craignant je ne sais quoi en regardant la foule avec un air tellement perdu. Le même, 24h plus tard, alors Roi, lors de cette déclaration improvisée au balcon du palais, a tellement de mal à dire les banalités du moment, soit quelque chose comme "merci à tous d’être venu, bla bla bla, vive la Belgique", qu’il est obligé de s’aider d’un texte. Même Mathilde semble avoir pitié pour lui.

Il faut aussi bien sûr revenir sur cette idée franchement stupide d’insérer les autocollants des régions/communautés du pays juste derrière le trône. C’est non seulement inutile (pourquoi ?), contre productif (la caméra, mal placée, ne laissait voir que le seul drapeau wallon) et symboliquement absurde (la constitution reconnaît d’autres entités, les logos sont toujours les anciens et c’est franchement … kitsch).

La presse francophone en plein délire

J’aimerais profiter de ce texte pour adresser un message à la presse francophone. Je suis royaliste, je suis ravis que Philippe soit Roi et tout et tout. J’ai eu beaucoup de plaisirs à regarder la prestation sur vos chaines et niveau technique je n’ai rien à dire. Ceci étant dit, il serait peut-être temps de se calmer un brin, vous avez distribué des posters depuis deux semaines dignes de la presse nord-coréenne, des petites couronnes en carton le 21 juillet bien unilingue comme on aime avec un "merci" écrit dessus, encensé le nouveau Roi comme jamais avec une dose d’esprit critique proche du néant … Je me demande d’ailleurs, dans le cas où il n’y aurait pas eu la brave Delphine, ce que vous auriez bien pu trouver à dire d’autre que "il est magnifique". Il y a comme qui dirait un petit problème avec ça, niveau crédibilité surtout. Je ne dis pas qu’il faut se la jouer républicain mais il y a un juste milieu !

Une bonne fête, un Roi moyen, une bien mauvaise presse

Mais fermons le journal, je veux féliciter sincèrement le Roi en lui souhaitant d’être fort et digne durant son long règne. Cette fête restera dans nos (les pro-belges) mémoires comme d’un événement positif. C’est si rare, et je suis bien content d’en avoir été.

Vive le Roi, Vive la Belgique et vive La bonne bière bien fraîche !

et un gros kiss à tous !

Les pages les plus lues sur B4E

Petit retour en arrière sur les pages les plus lues de mon blog. Forcément, on se remémorera quelques pages d’actualité.

1) Message à mon bourgmestre Mr. Moureaux : Suite à une énième discussion sur les problèmes d’insécurité à Molenbeek, je décide de m’adresse au bourgmestre de l’époque. De lui dire que son rôle, c’est aussi d’être du côté de ceux qui souffrent de ces problèmes quotidiens.

2) Jouw land is niet mijn mand, want jouw land is een landmijn : Le chanteur "Daan" écrit et chante une chanson anti-nationaliste qui vise clairement Bart De Wever. J’en ai proposé une traduction française personnelle.

3) Le fameux Jules Destrée : où je démontre que Jules Destrée a retourné sa veste, qu’il est devenu (trop) belge vers la fin de sa vie et qu’il a eu également pas mal de démêlées avec l’antisémitisme.

4) "Dire d’un Juif qu’il est intelligent est quasi un pléonasme" : où je souligne un racisme assez ridicule de la part d’un blog rattachiste. Les rattachistes ont abondamment commenté, un régale pour les yeux.

5) Molenbeek, entre le Bronx et la Mecque : où j’explique que les caricatures de Molenbeek sont exagérées et dangereuses. Molenbeek est devenue un symbole plus qu’une réalité.

6) Frietrevolutie – La révolution des frites : à l’époque de la grande crise politique, les universitaires de tout le pays s’unissent et font la révolution douce. Les résultats sont mitigés mais les images sont belles.

7) Mad World : Luik – Liège : suite à la tuerie de Liège, la VRT réaliste un reportage émouvant que je relaie.

8) Mes 8 raisons de participer à SHAME – Mijn 8 redenen om naar SHAME te gaan

9) Les plus belles terrasses de Bruxelles

10) Comment les journaux francophones pervertissent l’information venant de Flandres : une série d’article font croire que les Flamands sont devenus tellement intolérant qu’ils refusent d’aller voir le nouveau Spielberg car son titre est trop … francophone.